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18 questions entre alimentation, logement, transport et  consommation
L'empreinte écologique moyenne d'un Français est de 56 400 m²/an. Et vous?
3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 03:33

Comme indiquée il y a quelques jours (voir l’article sur cela), une conférence sur le thème de la chirurgie plastique, ses progrès, ses limites techniques, éthiques, psychologiques? a eu lieu le vendredi 23 mars 2007, au Palais de la Découverte de Paris, de 19h30 à 22h00
(Voir aussi la conférence organisé juste avant sur la génétique)

Les évolutions techniques ont permis au domaine de la chirurgie réparatrice de réaliser d’immenses progrès mais ont aussi permis l’essor de la chirurgie esthétique.

Comment différencier ces deux domaines, où peut-on placer la frontière aujourd’hui entre ces deux pratiques ? Lorsqu’il est désormais possible de réaliser une greffe partielle du visage, est-il envisageable de mettre ce savoir faire au service de la chirurgie esthétique ou faut-il imposer des limites ?

Quelle est la place du psychologue dans un service de chirurgie esthétique ?

Le chirurgien peut-il refuser de pratiquer une opération ou doit-on laisser le libre arbitre au patient ?

Telles sont les questions qui furent abordées pendant cette soirée.


Est intervenu tout d’abord le Pr Laurent Lantieri, chirurgien au CHU Henri Mondor, voir l'article rédigé par l'auteur de ce site sur l'éthique et celui sur la greffe réalisé par la Pr Lantiéri et l’intervention du Pr Lantiéri lors d’un colloque sur les greffes.

Après un avertissement aux personnes sensibles par la projection de photos et images illustrant son propos, il a évoqué devant nous l’histoire des greffes puis les problématiques qu’elles engendrent. L’anatomie est à la base de la chirurgie. Le premier livre sur ce thème fut celui d’André Vésale De humani corpore fabrica en 1543 Tagliacozzi, à Bologne a effectué entre 1545 et 1599 des greffes dites italiennes de nez en prélevant des lambeaux de bras. Il fut excommunié par l’Eglise après sa mort.

Un magazine scientifique britannique a publié en 1794 la technique de prélèvement de lambeau de peau frontal pour refaire un nez.

Il nous indique que les guerres sont toujours source de progrès dans le domaine de la chirurgie et de la réparation. Les « gueules cassées » de la Première Guerre Mondiale ont avec Hyppolite Morestin, du Val de Grâce, fait avancer la chirurgie maxillo-faciale. Il s’agissait de blessures balistiques différentes de celles plus chimiques ou brûlures de la Seconde Guerre Mondiale. Dans ces deux cas, les personnes reflètent la souffrance de la Nation et se constituent en association. Pour information, l’association des Gueules cassées est à l’origine du Loto et possède 8% de la Française des jeux.

La microchirurgie de la réparation des vaisseaux a permis un essor de la reconstruction. En 1962, aux Etats-Unis, Malt et McKhann réimplantent un bras chez un enfant de 10 ans. La chirurgie vasculaire est aussi à l’origine de cette possibilité notamment avec Alexis Carrel, Prix Nobel en 1902.

L’autotransplantation, prélever une artère et une veine à un endroit pour « greffer » ailleurs a été réalisée pour les attentats perpétrés en France en 192 et 1995.

La reconstruction faciale est difficile en raison d’endroits du visage qui ne peuvent être reconstruits : lèvre et profondeur de la peau.

La greffe de tissus composites date de St Côme et St damine, les patrons de la médecine et de la chirurgie qui, ont greffé une jambe au XIV. Tagliacozzi a effectué des greffes au XVIII. La première greffe de main, même si elle n’a tenue que 3 semaines, a été réalisée par Robert en 1963. Actuellement, de nombreux tissus peuvent être transplantés comme le larynx.

Concernant la greffe de visage, il illustre sur une diapositive les grandes questions qui se posent naturellement : est-ce possible technologiquement : OUI, immunologiquement : OUI mais éthiquement ?

Les problèmes éthiques à résoudre sont d’une part la balance bénéfice risque pour le receveur et la recherche de son consentement éclairé ainsi que la constitution de comité de chirurgien ; d’autre part pour le donneur : qui ? don total ou partiel de tissus de la face ? et surtout la restauration du visage pour le recueillement de la famille. Enfin, c’est le ressentiment de la population avec le syndrome Frankenstein et un risque de sentiment de rejet.
Il nous montre enfin des images – avant et après – du patient qu’il vient de transplanter : un jeune homme de 29 ans atteint de neurofibromatose
.


Le Dr David Maladry, plasticien à l'Hôpital Européen Georges Pompidou  (HEGP) Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP) a quant à lui commencé son propos par l’image du corps importante dans notre société. Pour lui, esthétique, réparatrice et plastique sont la même discipline. Il nous rappelle que la chirurgie esthétique est faite pour le patient, pour la chirurgie et la société. Il s’agit de réparer des malformations, des maladies ou de satisfaire une image dictée par le groupe et la société. Il insiste sur le double aspect à travers les populations chez lesquelles la transformation du corps doit exister pour l’affirmation d’une position dans le groupe (scarification à visée culturelle) Les épithèses – masque en silicone - expriment selon lui l’aspect réparateur et l’esthétique.
 

La chirurgie naturelle est celle de la reconstruction suite à une tumeur (sein ou paupière) ; la chirurgie culturelle concerne elle les seins, les fesses, les lifting et liposuccion. L’image reflétée est importante pour de nombreuses personnes afin de trouver un emploi. Il nous indique - et le Pr Lantiéri partage cette même méthode - qu’aucun morphing n’est réalisé au patient. L’image n’est pas le reflet de la personnalité : il y a toujours un ressenti individuel.
 

Fernando De Amorim
, psychanalyste à Paris commence par nous indiquer que vivre est toujours plus difficile quand il manque un organe ou que son corps est mutilé. La limite psychique qui doit guider le professionnel doit être selon lui le piège de rendre le bonheur. Un patient peut fantasmer mais le médecin ne doit jamais cautionner ce fantasme. Il nous indique que les chirurgiens esthétiques sont parfois harcelés par leurs patients pour la réalisation de telle ou telle opération. Chaque praticien doit prendre la décision au cas par cas et proposer un accompagnement psychanalytique. Pour lui, un psychologue ou un psychiatre n’ont pas leur place dans cette accompagnement du patient. Il évoque devant nous la distinction entre la demande et l’inconscient du patient, la séparation entre le corps et l’organisme. Il termine en relevant le fait que le refus d’opérer comme le délire pots-opératoire sont deux choses difficiles pour le chirurgien.
 

Cette conférence fait partie d'un colloque sur le thème du corps modifié . Voir le site : www.encorpshumain.uvsq.fr .

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publié par Olivier SIGMAN - dans --> Colloque
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