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Même si en France, la législation concernant le don d'organes est réglementée par les articles L1211-3
à L1211-5 du Code de santé publique (Livre 2 Don et utilisation des éléments et produits du corps humain - Titre 1 Principes généraux) et notamment les principes d'anonymat et de gratuité, il n'en est pas de même à l'étranger.
Certes, le nombre de donneurs est insuffisant voir alarmant face au nombre de personnes nécessitant une transplantation et de nombreuses
personnes avancent continuellement l'idée d'une rétribution. Voir l'article sur l'appel ultime envers les donneurs d'organes
lancé dernièrement.
Une nouvelle étape va être franchie, vendredi 1er juin, dans le domaine de la télé-réalité aux Pays-Bas. Ce soir-là, la chaîne publique BNN, connue pour ses provocations et très populaire auprès les jeunes, devrait diffuser une émission produite par la société Endemol, "Le grand
show du donneur".
La finalité de ce programme est de permettre à Lisa, 37 ans, atteinte d'une maladie incurable, de choisir parmi trois personnes, en attente d'une greffe, celle qui
bénéficiera d'un de ses reins. Les trois malades sont âgés de 18 à 40 ans. Les téléspectateurs seront invités à conseiller Lisa en lui envoyant des SMS.
BNN affirme vouloir attirer l'attention sur le manque de dons d'organes aux Pays-Bas et amener les téléspectateurs à réfléchir sur leur capacité à devenir des
donneurs.
La chaîne a été cofondée, il y a une dizaine d'années, par Bart de Graaff, un jeune homme mort, en 2002, des suites d'une affection
rénale. Laurens Drillich, l'actuel président de BNN, a souligné que les participants à l'émission avaient "33 % de chance d'obtenir la greffe qu'ils attendent, un pourcentage bien supérieur à
celui des personnes placées sur des listes d'attente".
L'Appel chrétien démocrate (CDA), le parti du premier ministre Jan Peter Balkenende, a jugé "fausse et blâmable" l'idée qui est à la base de l'émission.
Le député Joop Atsma a invité les ministres de la santé et des médias à l'interdire. Compte tenu de la législation néerlandaise, une telle mesure semble cependant impossible.M. Atsma s'est aussi demandé sur quelle base le bénéficiaire du don serait choisi (Sa couleur ? Son sexe ?...") et s'interrogeait sur l'avenir des deux
candidats qui seront évincés. Selon les réalisateurs de l'émission, ceux-ci ont été clairement informés et se réjouissent que l'attention soit portée sur le sort des personnes en attente d'une
greffe.
Le parti protestant ChristenUnie, également membre du cabinet Balkenende, s'est félicité de ce que le don d'organes devienne un motif de
préoccupation mais il a, lui aussi, demandé l'interdiction de l'émission. Le Parti travailliste, troisième formation du gouvernement, a jugé l'initiative "non éthique" mais ne s'oppose
pas à sa diffusion. Le parti de gauche souligne que, dans le passé, BNN s'est distinguée par la qualité de traitement des questions médicales. "Au sujet de mon corps", l'un de ses programmes
phares, a effectivement été distingué comme l'un des meilleurs programmes de la télévision néerlandaise.
Le directeur de l'association Fondation du
rein a jugé " épatant" que BNN s'intéresse à ce "grand problème". "Mais la manière dont elle le fait n'est vraiment pas notre option. Cela n'offre aucune solution
structurelle. C'est pour cela que nous avons lancé un vaste plan d'action pour le don d'organes", explique Paul Beerkens.
Au-delà de l'atteinte à l'éthique médicale que représenterait ce programme, la question était également de savoir s'il était simplement légal. "Les informations dont je
dispose à l'heure actuelle me disent que ce programme est déplacé et viole l'éthique, et tout particulièrement en raison de l'aspect de compétition, mais c'est aux responsables des programmes de
faire leurs propres choix", a déclaré le ministre néérlandais de l'Education, Ronald Plasterk
Cette initiative vise, selon la chaîne, à endiguer la chute du nombre de donneurs enregistrée au cours des dernières années.
Les grandes questions éthiques que je me pose et qu'il faut immédiatement se poser :
*Jusqu'où allons-nous aller pour le don d'organes?
*Le consentement de la donneuse est-il vraiment libre? (alors que des milliers de SMS vont choisir un receveur)
*Sur quels critères un organe va-t-il désormais être donné? (puisqu'il ne s'agira plus de l'importance vitale mais des conseils du grand public)
*Le choix pourra-t-il être respecté, compte-tenu de la compatbilité entre donneur et receveur?
*Comment les hypothétiques receveurs seront sélectionnés pour une émission de TV réalité? Auront-ils accès aux dossiers médicaux ? (un risque pour le secret médical)
*Enfin, comment faire pour favoriser le don d'organes autrement? Poursquoi les chaînes (avec leurs millions de téléspectateurs) ne diffuseraient-elles pas gracieusement un message de mobilisation
en faveur de cette cause?
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