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En cette fin d'année universitaire et à force de croiser leurs élèves en coma éthylique ou aux comportements violents lors des soirées étudiantes,
la Conférence des grandes écoles (CGE) a engagé une réflexion pour mieux encadrer ces fêtes et limiter la consommation d'alcool.
"Ca concerne un nombre limité d'élèves et il s'agit d'une surconsommation occasionnelle mais nous avons décidé d'aider nos élèves", avait expliqué mardi 12 juin 2007 devant la presse
Hervé Biausser, président de la commission de la CGE sur la prévention des risques, créée cette année, et directeur de l'Ecole centrale de Paris.
De fait, selon Nicolas Dion, président de l'Usem (mutuelles étudiantes régionales), "boire beaucoup est très valorisé chez les étudiants, bien tenir l'alcool
aussi, ça permet de faire partie du groupe".
Selon lui, le phénomène, habituel, des soirées étudiantes très arrosées, connaît une "accélération depuis ces deux/trois dernières années".
Le plus souvent constituées en campus, les grandes écoles sont le plus souvent délivrées des contraintes de prévention routière, mais les soirées organisées en leur sein sont
régulièrement le théâtre de comas éthyliques, rapports sexuels violents ou non protégés ou de bagarres.
Les directeurs de 230 grandes écoles réunies dans la CGE sont donc invités à s'impliquer, même si certains établissements ont déjà commencé à modifier leurs pratiques. Une
charte devrait circuler dès la rentrée à cet effet.
Il s'agit d'abord de "dialoguer" avec les responsables
associatifs, de former les barmen ou encore de faire de la prévention auprès des étudiants.
"Il existe de bonnes
pratiques qui permettent d'arriver à des résultats mais il ne faut pas en passer par l'interdiction de tout alcool dans les soirées", a prévenu M.
Biausser.
"Dans une boîte de nuit où les consommations sont très chères, les jeunes boivent avant, si on fait la même chose, on se
dégage certes de nos responsabilités civile et pénale mais pas de notre responsabilité sociale", a estimé Christian Margaria, président de la CGE.
"Il faut rendre le prix des consommations alcoolisées dissuasif, proposer des boissons non alcoolisées pas chères, voire gratuites et refuser totalement
le sponsoring des soirées par les alcooliers", a suggéré M. Biausser, qui applique déjà ces pratiques à Centrale. Selon lui, "les soirées sont tout aussi festives mais plus décontractées et les jeunes filles en sont ravies".
Mais au-delà de cet encadrement, c'est à la représentation inadaptée de l'alcoolisme par les jeunes qu'il faut s'attaquer.
"Pour un étudiant qui se rend en soirée, cinq verres c'est l'apéritif", assure Nicolas Dion. Etre alcoolique pour lui, "c'est boire son ballon
de rouge le matin" mais il "boit en une seule soirée autant qu'une personne malade dans la semaine", assure-t-il.
"Nous travaillons dans un
contexte particulier", a rappelé Hervé Biausser: "en France, les risques du tabac sont bien compris alors que les risques liés à l'alcool sont sous-estimés par l'ensemble de la population", a-t-il regretté
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