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Valérie Pécresse a présenté une version amendée de son texte sur la réforme des universités qui satisfait globalement
les syndicats, dont les principales revendications ont été intégrées.
La nouvelle mouture, que la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche a qualifié de texte
"d'équilibre", tient compte des critiques des syndicats sur les trois sujets les plus controversés: la composition des conseils d'administration,
la question de l'autonomie et la sélection à partir de la quatrième année. Voir l'article
précédent sur la réforme des universités.
L'article qui instaurait la possibilité d'une sélection à l'entrée en première année de master (bac+4), principale pomme de
discorde avec les étudiants, est ainsi tout bonnement supprimé. "J'ai bien entendu que la plupart de mes partenaires jugeaient
prématuré d'aborder cette question avant les conclusions et le lancement du chantier que j'ai ouvert sur la réussite en licence", a expliqué Valérie Pécresse à l'issue d'une réunion avec les
syndicats de l'enseignement supérieur lors de laquelle elle a présenté la nouvelle version du texte.
Devant les journalistes, elle a refusé de parler
de recul et a affirmé que la concertation avait permis d'améliorer le texte. "Je crois que les représentants de la communauté
universitaire ont été reçus dans ce ministère plus que dans les cinq dernières années", a-t-elle souligné.
Plusieurs dirigeants syndicaux se sont
cependant étonnés de la reprise en mains du dossier par Nicolas Sarkozy, qui a rencontré en début de
semaine l'ensemble des syndicats enseignants et étudiants ainsi que les membres de la Conférence des présidents d'université (CPU).
"Je
pense que nous aurions pu éviter les quatre derniers jours de blocage et de crispation si Valérie Pécresse avait eu l'ensemble des marges de manoeuvre nécessaires pour pouvoir arriver au
compromis qu'elle a présenté aujourd'hui", a estimé Bruno Julliard, président de l'Unef, principal syndicat étudiant.
Dans le nouveau texte, le gouvernement est également revenu sur la réduction du nombre de personnes siégeant dans les conseils d'administration des
universités de 60 à 20 - jugée drastique par l'ensemble des syndicats. Le gouvernement propose finalement que les conseils d'administration comptent entre 20 et 30
membres.
Le nombre de représentants étudiants siégeant dans les conseils d'administration sera par ailleurs compris entre trois et
cinq. La précédente version du texte le fixait à trois.
Enfin, la possibilité pour les universités d'acquérir un statut d'autonomie, qui n'était qu'optionnelle dans la première
version, s'appliquera à tous les établissements dans un délai de cinq ans.
Le nouveau avant-projet de réforme, qui sera soumis
jeudi au Conseil d'Etat et présenté la semaine prochaine en conseil des ministres, a reçu un accueil globalement favorable des syndicats et la perspective d'une crise à la rentrée dans les
universités semble s'éloigner.
Invité sur la chaîne Public Sénat, le porte-parole de Nicolas Sarkozy
a déclaré que le report d'une semaine de la présentation du texte en conseil des ministres ne constituait "pas un recul, mais une
avancée".
"On note des inflexions et des amendements considérables de la part du gouvernement", a dit Bruno Julliard, selon qui l'essentiel du modèle universitaire français a été
"sauvé".
"Le projet de loi en l'état ne nous satisfait pas et nous ne le soutenons pas", a-t-il toutefois ajouté. "Nous
n'avons jamais été demandeurs de ce texte et ce n'est pas du jour au lendemain que nous allons être satisfaits", a-t-il poursuivi.
Même constat de Thibaud Wéber, président des étudiants de la Fage. "On sort au moins rassurés parce que, enfin, nos craintes et nos revendications ont
été prises en compte", a-t-il dit.
Jean-Pierre Finance, vice-président de la CPU a pour sa part estimé qu'un pas important avait été franchi.
Certains syndicats, notamment ceux des enseignants, ont toutefois exprimé des réserves, principalement sur les pouvoirs des présidents d'université et le recrutement
des personnels.
"Il reste des gros points durs, notamment en ce qui concerne les personnels, les enseignants-chercheurs et les modalités de recrutement (...)", a déclaré Gérard
Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l'Education.
Il a déploré que le nouveau texte conserve
le droit de véto du président pour le recrutement des personnels et ouvre la possibilité d'un recrutement "très large" de contractuels.
"Ce n'est pas seulement une question de personnel. Il y a derrière une certaine conception de la recherche et une certaine conception du rôle de l'université et des enseignants",
a-t-il affirmé.
Jean Fabbri, secrétaire général de Snesup, a jugé pour sa part le texte "inacceptable".
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