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18 questions entre alimentation, logement, transport et  consommation
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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 20:04

La cour d'assises du Val-de-Marne a condamné aujourd'hui à un an de prison avec sursis un octogénaire qui avait tué en 2003, parce qu'il ne pouvait plus faire face à la situation, sa femme atteinte de la maladie d'Alzheimer.
Au terme d'un délibéré de plus de trois heures, la cour a reconnu coupable le vieil homme âgé de 86 ans.
Celui-ci n'a pas réagi à l'énoncé du verdict. Comme tout au long des deux jours du procès, il s'était levé péniblement, s'appuyant sur sa canne, à l'entrée de la cour.

Le verdict est conforme aux réquisitions de l'avocat général, Jean-Paul Content, qui avait demandé une "peine symbolique" d'un an entièrement assortie du sursis, parce que la place de cet homme n'est "pas en prison".
La maladie d'Alzheimer est "une terrible maladie" qui, chez les proches, entraîne "un sentiment d'impuissance" devant "une dégradation irréversible", avait dit M. Content. L'accusé "ne pouvait plus faire face seul à la situation". Voir la Charte Alzheimer dévoilée pendant la dernière réunion de l'Espace Ethique de l'AP-HP sur la maladie d'Alzheimer et le plan dévoilé par le Chef de l'Etat pour la prise en charge des malades d'Alzheimer.

La défense, qui a plaidé l'acquittement, avait salué un "réquisitoire d'une rare humanité" dans ce dossier "extrêmement singulier" où, fait aussi très rare, nul ne s'est porté partie civile. C'est une affaire "qui trouble, qui dérange, mais qui nous concerne tous", a dit Me Norbert Goutmann.
Comme l'avocat général, Me Goutmann a évoqué le "sentiment d'abandon, l'impuissance" de son client face à la maladie d'Alzheimer dont souffrait sa femme, âgée de 76 ans. "Il est seul, il a 86 ans et c'est à lui d'assumer", a-t-il résumé.

Le 9 janvier 2003, l'octogénaire avait étranglé sa femme à leur domicile du Plessis-Trévise (Val-de-Marne), dans un moment de rage, d'exaspération, mais peut-être aussi "pour la soulager", a avancé la défense. La vieille dame était revenue de l'hôpital trois jours plus tôt, après une hospitalisation de deux semaines.
Son époux, qui sortait lui-même d'un séjour à l'hôpital, son fils, des voisins, avaient tous demandé que la malade reste hospitalisée le temps qu'une place soit trouvée dans un établissement adapté. En vain.
Entendue dans la matinée, la généraliste qui suivait le couple - le seul médecin à être cité hormis les experts - avait expliqué qu'elle aussi avait sollicité le maintien de sa patiente à l'hôpital. Le médecin "m'avait dit qu'il ferait le nécessaire et, deux jours après, elle était sortie".
Or l'accusé était "au bout du rouleau" selon ses proches, "exténué, dépressif", a renchéri son avocat. Il ne reconnaissait plus son épouse aimée, qui était devenue une autre, une étrangère, a relevé l'accusation.

Hier, le vieil homme, ancien charcutier, avait expliqué de sa voix un peu faible, mais avec une parole toujours très claire, qu'il devait faire la toilette de son épouse, changer ses draps. "Elle oubliait des choses, ne savait plus la date, l'heure. Elle m'insultait, me disait que j'avais des maîtresses...", avait-il raconté.

"Déchéance, naufrage, outrage. Une dépendance totale, c'est ça la réalité quotidienne" de cette maladie, a dit son avocat.
Face à cet "abandon par la médecine", que Me Goutmann n'entend pourtant pas mettre en cause, l'octogénaire a commis "peut-être un acte de délivrance, d'amour". L'a-t-il tuée pour son confort parce qu'il était épuisé, ou pour la soulager elle, s'est interrogé l'avocat.
"Moi je crois (qu'il s'agit) probablement d'une addition des deux", a-t-il répondu, en plaidant l'acquittement au motif que l'élément moral de ce dossier, c'est "la contrainte, la compassion, la maladie".

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publié par Olivier SIGMAN - dans Droit médical
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