Actualités du droit et de la santé...
Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, rend à Valérie Pécresse les conclusions de sa
mission sur la première année de médecine (PCEM1).
La réduction des effectifs du PCEM1, la mise en place d'une première année de santé ouverte aux pharmaciens et l'ouverture de passerelles aux étudiants recalés y sont envisagées.
Plus 45 000 inscrits en première année de médecine, des amphis surchargés, des problèmes d'organisation du concours.
Valérie Pécresse a relancé le chantier de réforme du PCEM1.
Elle avait confié cette mission à Jean-François Bach pour
améliorer les conditions du PCEM1 et obtenir une meilleure réorientation des étudiants de médecine après un ou deux échecs.
Composée d'une quinzaine de personnes dont les doyens de médecine de Paris Diderot, Paris Descartes, Rouen et Clermont-Ferrand, de représentants du ministère de l'Enseignement supérieur et de
l'Académie des sciences, la commission Bach avait multiplié courant janvier les auditions auprès d'associations étudiantes, de doyens et des responsables universitaires de plusieurs filières,
notamment médecine, odontologie (dentaire), maïeutique (sages-femmes) et pharmacie. «Nous souhaitons réduire les effectifs de PCEM1 et améliorer les conditions
d'enseignement et de vie étudiante, car tout ne se passe pas bien aujourd'hui.» Le secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences souligne que le concours doit être
«dédramatisé» et les passerelles à la sortie du PCEM1 être «mieux organisées» en cas d'échecs au concours. «L'objectif est que
ceux qui feraient deux années en première année n'aient pas perdu leur temps comme c'est le cas aujourd'hui», affirme Jean-François Bach.
Les récents rapports de doyens sur les réformes des études médicales (Debouzie, Thuilliez) et le travail réalisé par la Commission pédagogique nationale des études
médicales (CPNEM) sur l'intégration de la médecine au système LMD ont alimenté la réflexion de la commission Bach.
L'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), qui a exposé ses propositions à Jean-François Bach, attend beaucoup de cette réforme de la P1.
Pour limiter le «gâchis humain», l'ANEMF demandait la mise en place d'un tutorat dans l'ensemble des universités françaises et souhaite que les lycéens disposent d'une
meilleure information sur la première année de médecine.
L'association ANEMF est favorable à une première année commune de santé incluant la pharmacie à la médecine, l'odontologie et la maïeutique. Elle
souhaite que la réflexion engagée par la CPNEM autour d'une modification du programme pédagogique de la première année puisse aboutir à une intégration au cursus européen du LMD (licence, master,
doctorat).
Le Pr Patrice Deteix, doyen de la faculté de médecine de Clermont-Ferrand, vice-président de la CPNEM et
membre de la commission Bach, souligne que la concertation a permis «de bien avancer dans cette réflexion».
La première année commune aux quatre filières pourrait voir le jour avec des modules spécifiques comme le préconisait le rapport Thuilliez.
Selon le Pr Deteix, un étudiant devrait pouvoir s'inscrire dans deux ou trois filières disposant de classements séparés. De même, un étudiant ayant échoué deux fois en PCEM1 pourrait disposer de
passerelles vers les IUT «Après une année spécifique dans une matière (biologie, informatique…), il pourra être pris en L3. Au final, il n'aura perdu qu'un an au lieu de
deux».
La sélection à l'entrée en médecine, réclamée par les doyens et soutenue par l'Ordre et l'Académie de médecine, est frontalement refusée par les
étudiants.
Ces derniers souhaitent préserver le «principe républicain de l'accès à l'enseignement supérieur». Tout au plus acceptent-ils de mettre en place un redoublement différé
si la note de l'étudiant est trop faible au concours (voir encadré). Les pistes de réforme de la première année sont nombreuses et la commission Bach a donc du faire des choix. Après
avoir pris connaissance du rapport, le ministère de l'Enseignement supérieur retiendra des propositions début février.
La CNAM note que la France comptait, fin 2005, 114.600 médecins libéraux, dont 61.000 généralistes et 53.600 spécialistes, un effectif
"pratiquement stable depuis une dizaine d'années (+0,1% par an sur la période 1995 - 2005)"."La diminution prévue par les projections démographiques dans la prochaine décennie ne s'amorce
donc pas encore en 2005 pour la médecine libérale", écrit-elle encore."Les médecins ont perçu en moyenne 168.100 euros d'honoraires en 2005: 124.300 euros pour les
généralistes, et 223.000 euros pour l'ensemble des autres spécialistes, avec de grandes variations selon les spécialités", ajoute-t-elle.
Une contribution d'étudiants parisiens
Le cercle cartésien des PCEM1 (C2P1) avait apporté sa contribution à la réforme de la première année de
médecine.
L'association des étudiants en PCEM1 de l'université Paris-Descartes, qui revendique 2 000 adhérents et se préoccupe de la pédagogie du PCEM1, avait présenté début janvier dix
propositions à la commission Bach. Le C2P1 est favorable au maintien de la sélection actuelle aux études médicales avec un concours écrit et anonyme, sanctionnant une année universitaire
«où les étudiants préparent dans les mêmes conditions le même programme défini par faculté».
Pour diminuer le nombre d'inscrits en PCEM1, l'association réclame une orientation active et ciblée des lycéens ainsi qu'une formation spécifique des conseillers d'orientation sur les filières de
santé.
Les réorientations précoces apparaissent également nécessaires afin d'éviter aux étudiants de perdre une année d'étude.
L'association souligne que l'instauration d'une note seuil en dessous de laquelle les candidats recalés ne pourraient pas se réinscrire (5/20, par exemple) peut limiter la surpopulation dans les
amphis. L'éventuelle fusion des études de médecine et de pharmacie est vue d'un bon oeil par le C2P1, qui plaide pour la création d'un institut universitaire paramédical qui faciliterait les
passerelles vers les filières paramédicales.
L'association souhaite aussi la création de passerelles vers une 2e année de licence de sciences humaines et sociales, droit ou écogestion pour les étudiants
recalés-collés.
Hostile au développement des écoles préparatoires privées, le C2P1 soutient en revanche les tutorats organisés par les associations étudiantes qui permettraient de maintenir
«l'égalité des chances» entre les candidats
Je vous remercie pour votre commentaire.
Je vous indique que je suis en train d'aborder le rapport Attali sur les questions de santé et un article sur mon blog en traitera dans quelques jours.
N'hésitez pas à vous exprimer sur les articles présents sur ce site ainsi qu'à insérer un lien sur le votre vers le mien.
je suis étudiante en 5ème année de médecine à Reims et depuis trois ans je me "bats" pour pouvoir intégrer les études de sages femmes, car je me suis trouvée une vocation, mais malheureusement pour moi trop tard. En effet, actuellement, il n'y a aucune possibilité de passerelle malgrès que la réussite de mon concours en P1 me donnait aussi la possibilté de faire les études de sage femme, les paserelles ne sont pas prévus. C' est malheureux, car avant le concours commun, une équivalence existait, après la troisième année de medecine validée , on pouvait intégrer la 2eme année des études de sages femmes à condition d'avoir réussit le concours d'entrée... la loi n'étant pas changée, elle est interprétée qu'il faut repasser le concours de P1, avant d'avoir le droit à l'équivalence, ce qui est complètement absurde!
Y-a-t-il un projet pour rémédier à cela?
Merci d'avance pour votre réponse