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Le classement annuel 2006 des 2 800 établissements de santé en fonction de leur lutte contre les infections nosocomiales,
troisième du genre, fait apparaître de nets progrès.
Seuls moins de 1% des établissements ne se sont pas prêtés à l'exercice. Toutes les structures y ont pris part
(centres hospitaliers, établissements de santé privés, centres de lutte contre le cancer, de dialyse, maison d'enfants, hôpitaux de jour)
Des zones d'ombre, notamment pour le lavage des mains, restent non élucidées dans ce classement.
Les infections nosocomiales, qui touchent annuellement plusieurs centaines de milliers de personnes, causent plus de 4.000 décès par an, selon des
chiffres de 2001.
Les plus fréquentes (30%) touchent l'appareil urinaire, les voies respiratoires (15%) et l'intervention chirurgicale elle-même (14%). Les plus graves sont les infections
ostéo-articulaires.
L'âge est un facteur de risque supplémentaire, ainsi que les traitements antibiotiques qui rendent certaines bactéries résistantes.
Il les classe en fonction des efforts faits en matière de prévention et de lutte contre ces infections : moyens mis en place, organisation,
utilisation des produits hydro-alcooliques pour se laver les mains, surveillance des patients après une chirurgie, bon usage des antibiotiques...
La palme revient aux centres hospitaliers universitaires ou régionaux, qui, tous critères confondus, obtiennent un score de notes A ou B de 62% -alors que la moyenne pour
l'ensemble des établissements s'établit à 24%.
Pour l'"ICALIN" (Indicateur composite des activités de lutte contre les infections nosocomiales), qui pèse 40% dans la note finale, les CHU
et CHR obtiennent un score A ou B de 92%, pour une moyenne pour tous les établissements de 80%. Une belle progression depuis 2004 (34,6%) et 2005 (63,6%). "La France aujourd'hui se
situe dans la bonne moyenne de l'Europe", s'est réjouie la ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, Roselyne Bachelot-Narquin.
Le pourcentage des patients infectés est de 4,97% en France, alors que les résultats européens vont de 4,6% (en Slovénie) à 9,3% (Grèce)
en soulignant, "les résultats sont encore perfectibles".
L'hygiène des mains avec des solutions hydro-alcooliques, première barrière aux infections nosocomiales, laisse ainsi largement à désirer, alors qu'elle devrait "constituer
une règle d'or de la pratique médicale et soignante en milieu hospitalier". Seulement 11,2% des établissements obtiennent A ou B sur ce chapitre.
Pour inciter les soignants à respecter cette règle, une journée nationale "hygiène des mains" sera instaurée le 23 mai, avec
distribution d'outils pédagogiques dans les établissements.
Par ailleurs, seulement 71,5% des établissements surveillent les infections du site opératoire, un chiffre en-deçà de l'objectif de 75% fixé par le programme de lutte 2005-2008. "Encore un
petit effort !", a-t-elle demandé.
Les établissements fautifs recevront l'an prochain, lors du palmarès, des points négatifs, a prévenu la ministre. Pas de pénalisation financière prévue : la pénalisation, "c'est
l'affichage" pour Annie Podeur, directrice de la Direction hospitalisation et organisation des soins (DHOS) au ministère, pour qui "l'effort de
transparence est un incitatif très fort au progrès des établissements".
Enfin dix structures de prise en charge des infections ostéo-articulaires, qui touchent 2000 à 2500 personnes par an, seront créées, dont 6 dès 2008 et 4 en 2009.
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