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Concours distinct, reconnaissance universitaire de la première année, ou réorientation précoce : Valérie Pécresse, ministre de
l'Enseignement supérieur et de la recherche et Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé, de la jeunesse et des sports ont présenté leurs 5 propositions de réforme de la
première année de médecine, parmi les dix préconisations d'un rapport remis au
gouvernement par Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences.
Il s'agit de lutter contre le taux d'échec de 80 % en première année de médecine : 7.100 reçus sur 46.600 candidats en 2007.
Certaines d'entre elles devront entrer en vigueur "dès la rentrée 2008", selon les ministres.
Quelques organisations étudiantes, l'ANEMF(association nationale des étudiants en médecine de France) et l'UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) les ont accueillies avec
"réserves".
Parmi celles plutôt appréciées figure la proposition d'organiser "quatre concours distincts" pour médecine,
odontologie (dentaire), sage-femme et pharmacie. Actuellement, il existe un concours unique pour les trois premiers et un pour le dernier. Les étudiants pourraient choisir d'en
passer un ou plusieurs. Objectif : éviter "une sélection par défaut" vers une profession.
De même, tous sont d'accord sur le fait de valider la première année "pour les étudiants ayant eu la moyenne (10/20) mais n'ayant pas été
reçus (reçus-collés) au(x) concours afin de leur permettre une poursuite automatique d'études vers d'autres filières", ce qui n'est pas toujours le cas
aujourd'hui.
La communauté estudiantine approuve aussi l'idée d'avoir la possibilité de "suivre ou reprendre des études médicales". Les
étudiants possédant un master 2 de sciences, les paramédicaux en exercice, les titulaires de certains diplômes (grandes écoles) pourraient rejoindre la filière médecine en 2e ou 3e année. Ces
passerelles, qui existent dans certaines universités, seraient généralisées.
"Renforcer le tutorat" est aussi bien vu des étudiants.
En revanche deux propositions rencontrent l'opposition conjointe de l'ANEMF et de l'UNEF.
La première consisterait à réorienter "dès le mois de janvier les étudiants dont les résultats sont très insuffisants et qui statistiquement n'ont aucune chance de réussite ni à la fin de la
première année, ni même en redoublant". Il serait ainsi proposé aux étudiants qui ont eu moins de 7/20 aux premiers examens de se réorienter vers la première année de Licence sciences
(L1).
"Cela légitime la sélection sociale qui a lieu aujourd'hui, où seuls réussissent les étudiants qui ont les moyens de se payer, à côté, des cours dans des officines privées", a expliqué
Thierry Lecras, (UNEF). Cependant, certains étudiants, dans certaines unversités, organisent déjà des séances de tutorat pour les étudiants de PCEM1 (voir l'expérience du C2P1) "C'est difficile de se réorienter en milieu d'année", a estimé Chloé Moulin (ANEMF), qui
propose plutôt la possibilité d'un "redoublement différé", après avoir validé une première année de licence scientifique.
Elle est aussi opposée à l'idée des ministres de "diversifier les profils des futurs professionnels de santé", en organisant un deuxième concours pour les titulaires d'un bac littéraire,
ES ou technologique. "Quelle sera la légitimité de notre concours de médecine?", interroge-t-elle.
"De manière générale, cette réforme ne pose pas la question du contenu de la première année, qui n'est que bachotage et dans laquelle est totalement absente la pédagogie. Tout n'est vu que
sous l'aspect de la gestion des flux", regrettent-ils.
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