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Pour la première fois de l'histoire de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM), les
"auditeurs de justice", (élèves de l'école) ont manifesté aujourd'hui à Bordeaux, pour protester contre une réforme de leur formation.
Ce projet de réforme, confié par la garde des sceaux, Rachida Dati, au directeur de l'ENM, Jean-François Thony, découle du rapport de la commission d'enquête parlementaire sur le fiasco
judiciaire dans l'affaire de pédophilie d'Outreau.
Rachida Dati a présenté le 22 février ce projet en vingt et un points parmi lesquels figurent l'introduction de tests psychologiques lors de l'admission, une
réduction de 30 à 26 semaines de la formation initiale hors stages et la réduction de un an à six mois du premier stage en juridiction
En signe de protestation, les futurs magistrats ont défilé durant une heure entre l'ENM, la cour d'appel et la mairie de Bordeaux derrière des banderoles sur lesquelles on pouvait lire
"Réforme de l'ENM, magistrats mal formés : le justiciable en fait les frais".
Un des points de crispation : une spécialisation plus poussée des auditeurs de justice qui va, selon les manifestants, à l'encontre des principes du
rapport de la commission d'enquête parlementaire sur Outreau.
Au même moment, à Paris, une réunion du conseil d'administration de l'ENM, qui devait entériner cette réforme, a été reportée au 8 avril en raison du décès
soudain du secrétaire général de l'école, retrouvé mort à son domicile à Bordeaux.
L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) et le Syndicat de la magistrature, qui ont voix consultative au conseil d'administration, ont d'ores et déjà annoncé qu'ils s'opposeraient au
projet défendu par Rachida Dati.
Quant aux élèves magistrats, ils espèrent avoir pu créer avec cette journée un "espace de dialogue" pour pouvoir proposer des "contre-propositions".
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