Lundi 14 avril 2008

Les journées de la prévention, menées par l'INPES, se sont déroulés avec un constat alarmant: les chômeurs ont plus fréquemment recours aux substances psychoactives (tabac, alcool, cannabis) que les personnes ayant un emploi. Voir aussi l'enquête sur le baromètre santé et les indicateurs santé en fonction notamment du revenu.
Les résultats, présentés par Philippe Lamoureux, directeur général de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) montrent également de fortes disparités entre sexes et en fonction du niveau d'études.

Plus de 53% des hommes au chômage (39% des femmes) fument contre 37,5% de ceux qui ont un emploi (29,6% des femmes). Le niveau d'éducation joue également un rôle déterminant dans les habitudes de consommation de produits psychoactifs. Premiers à s'être mis à fumer, les plus diplômés sont aussi les précurseurs pour ne plus fumer: les hommes avec un niveau bac +4 ont ainsi un "sous-risque" d'être fumeurs de 30% (-40% pour les femmes) par rapport aux non-diplômés.
"L'innovation sociale semble être aujourd'hui de ne pas fumer et de s'intéresser à sa santé", a commenté M. Lamoureux.

Pour l'alcool, les chômeurs entre 35 et 59 ans ont un "sur-risque" de 40% d'être usager quotidien, de 30% d'avoir un usage à risque. Les hommes sont par ailleurs deux fois plus nombreux que les femmes à consommer de l'alcool plusieurs fois par semaine (21,7% contre 11,8%). Les profils de consommation diffèrent de façon croisée selon le sexe et le niveau d'étude. Plus les hommes sont diplômés, moins ils consomment d'alcool.
En revanche, les femmes les plus diplômées sont plus nombreuses à boire quotidiennement de l'alcool que les moins diplômées. L'Inpes suggère l'hypothèse que la forte proportion masculine des professions très diplômées encouragerait les femmes à adopter un comportement plus masculin.

Pour le cannabis, les chômeurs de 15 à 34 ans ont un sur-risque de 80% d'avoir un usage régulier par rapport aux actifs occupés. Ces chiffres sont probablement liés à "une recherche de soulagement" de la souffrance psychique que génère le chômage.

Quant au cannabis, sa consommation occasionnelle apparaît plus fréquente chez les 15-44 ans ayant un niveau baccalauréat ou supérieur. En revanche, "le niveau de diplôme semble protéger d'un basculement vers un usage régulier".

Ces résultats montrent la nécessité de développer des actions de prévention spécifiques en direction des populations vulnérables, a conclu M. Lamoureux
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par Olivier SIGMAN publié dans : Médecine
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