Dimanche 24 décembre 2006

Le signalement des infections nosocomiales rares ou graves, contractées dans des établissements de santé, s'améliore en France, en dépits de disparités régionales, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).
"Au niveau national, le taux annuel de signalement était de 15,6 signalements pour 10.000 lits", indique le BEH en soulignant que ce système d'alerte, mis en place en août 2001, n'a pas vocation à être exhaustif.

Conçu pour "détecter l'inhabituel", il a pour objectif de détecter des situations à risque infectieux suffisamment graves ou récurrentes pour nécessiter des mesures de prévention et de contrôle à l'échelon local, régional ou national.
Le nombre de signalements transmis a augmenté régulièrement chaque année et les délais entre leur survenue et la réception du signalement à l'Institut de veille sanitaire (InVS) se sont raccourcis.

Le fonctionnement de système d'alerte "peut encore être amélioré", poursuit le BEH qui relève des "disparités régionales ou interrégionales" en matière de taux et de délais de signalement. Le développement d'un outil de signalement électronique permettra d'améliorer sa réactivité ainsi que le partage des informations, selon le BEH.

Du 1er août 2001 au 31 décembre 2005, 3.110 signalements totalisant 9.322 infections ont été reçus. 755 (24%) correspondaient à des cas groupés. Sur les 9.322 patients, 1.182 (13%) sont décédés.

Les micro-organismes les plus fréquemment signalés étaient le staphylocoque doré (16% des signalements), les entérobactéries (12%), Acinetobacter baumannii (10%) et Pseudomonas aeruginosa (7,5%).
Le signalement a permis d'identifier des infections nosocomiales récurrentes (hépatites C, aspergilloses, infections invasives à streptocoques A survenant le plus souvent en post-partum ou après chirurgie, méningites iatrogènes ...) ainsi que des infections rares (Enterobacter sakazakii) ou émergentes (bactéries multi-résistantes aux antibiotiques comme les entérocoques résistants à la vancomycine). Il a également permis de renforcer les recommandations de prévention: port du masque et désinfection de la peau lors d'anesthésie au niveau de la colonne vertébrale (rachianesthésie) contre le risque méningite iatrogène, par exemple.

La France compte chaque année quelque 750.000 infections nosocomiales, "pas toutes évitables", selon un rapport parlementaire (Opecst). Au total, ces infections seraient en cause pour 9.000 décès par an (6,6% des 130.000 décès annuels à l'hôpital) dont 4.200 concernent des patients pour lesquels le pronostic vital n'était pas engagé à court terme, selon ce document.

par Olivier SIGMAN publié dans : Droit médical
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