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Votre empreinte écologique

18 questions entre alimentation, logement, transport et  consommation
L'empreinte écologique moyenne d'un Français est de 56 400 m²/an. Et vous?
7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 00:13

Après avoir inauguré des locaux « la Sorbonne » en novembre 2006 à Abou Dhabi, les Emiriens souhaitent conclure un accord pour décrocher l’appellation "Louvre Abou Dhabi" qui s'inscrit dans une tendance actuelle d’exportation des musées, avec l'exemple récent du Guggenheim de New York, franchisé à Bilbao et à Berlin.

L'initiative de l'opération, qui vit le jour au printemps 2005, vient directement des Emirats, la richissime petite monarchie pétrolière et partenaire stratégique et économique de la France. Le Louvre Abou Dhabi n'est d'ailleurs qu'un élément du colossal aménagement, programmé sur l'île de Saadiyat, au large de la ville car Abou Dhabi entend jouer la carte de la culture: il est en effet question de construire quatre musées.

Un accord portant sur 400 millions de dollars a déjà été conclu avec la Fondation Guggenheim pour qu’en 2012, un GAD (Guggenheim Abou Dhabi) soit construit par l'architecte Frank Gehry. Les Emiriens sont, de la même façon, prêts à débourser 1 milliard d'euros pour acheter la marque Louvre. Le musée ainsi estampillé, qui s'appuierait sur un groupement d'institutions françaises (les musées d'Orsay et du Quai Branly, le Centre Pompidou, le château de Versailles), fonctionnerait notamment grâce à des dépôts d'œuvres rémunérés, à l'organisation d'expositions temporaires mais dans "le respect des traditions et des interdits islamiques".

Le contrat est un document composé de 18 articles, établissant les strictes conditions de création d'un musée français à Abou Dhabi au nom du Louvre. La chose sur laquelle le Louvre a perdu la partie est son nom et selon certains, ses collections, qui partiront à l'étranger pendant de nombreuses années pour y être prêtées contre rémunération.

Dès 2005, les Emiriens n'avaient qu'une idée en tête : acheter le label «Louvre», comme ils ont acheté le «Guggenheim Abou Dhabi». Selon les hauts fonctionnaires proches du dossier, les négociateurs ont tenté de limiter l'utilisation de la marque, ce qui n'était pas négociable pour les Emiriens conseillées par Thomas Krens (le président de la fondation américaine Guggenheim d'art contemporain) pour l'aménagement touristico-culturel de l'île de Saadiyat où le Louvre est supposé s'installer. Les autorités du tourisme d'Abou Dhabi n'ont rien voulu lâcher, convaincus par l'Américain que les marques de prestige international sont absolument nécessaires pour faire de cet endroit un site touristique de luxe.

Pour ce prix-là (500 millions d’euros hors construction), les Français conçoivent et fournissent toute l'expertise scientifique, artistique et muséographique de ce musée universel (toutes époques et toutes civilisations). Ils conseilleront les Emiriens en matière de constitution de collections, mais ne seront pas concernés par les stratégies d'acquisition des Emiriens, au risque de se retrouver en concurrence lors de certains achats d'oeuvres. Cela posera un sérieux problème lors des acquisitions de nouvelles oeuvres. Ils s'engagent à former du personnel local aux métiers des musées. Selon le contrat, ce travail d'expertise s'étire jusqu'en 2012, date de l'ouverture du musée, et il est assuré par une structure indépendante des musées de France, entièrement financée par les Emiriens.

En attendant que les Emiriens se dotent de leurs propres collections (ils ont prévu d'investir 1,5 milliard d'euros en acquisitions), la France prêtera progressivement et temporairement des pièces des collections de ses établissements : entre 400 et 500 tableaux, sculptures, porcelaines, meubles, bijoux, antiquités qui viendront de tous les musées de France et pas seulement du Louvre. «Il y a beaucoup de musées régionaux qui seront ravis de trouver un débouché pour leurs expositions à Abou Dhabi», explique un diplomate. Enfin, le Louvre et les grands musées nationaux se sont engagés à fournir un programme d'expositions pour au moins une dizaine d'années. «Le prix du droit d'usage du nom du Louvre sur une période donnée (entre dix et vingt ans) fait partie des dernières négociations», selon l'un des participants aux discussions. Voir pour plus d'informations le rapport de la commission sur l'économie de l'immatériel remis au Ministre de l'Economie, des Finances et de l'industrie.

Cette perspective a déclenché une polémique.

Au ministère de la Culture, on glorifie le "rayonnement culturel de la France" et on vante cette "volonté de dialogue entre les civilisations, venant d'un pays arabe modéré".

Les détracteurs dénoncent, eux, cette ère mercantile où les musées et leurs œuvres seraient traités "comme de vulgaires biens de consommation, voire des monnaies d'échange". Trois prestigieux historiens d'art, parmi lesquels Françoise Cachin, ancienne directrice des Musées de France, ont ainsi rédigé, dans Le Monde, une violente tribune intitulée "Les musées ne sont pas à vendre". Dans la foulée, une pétition a été lancée sur le site latribunedelart.com et a, pour le moment, recueilli près de 1 000 signatures. "L'Etat français s'apprête à prostituer le patrimoine national, pour des raisons politiques, diplomatiques et financières", s'indigne Didier Rykner, le directeur du site. Quant aux responsables des principaux musées concernés, ils préfèrent rester silencieux, à l'instar du président du Louvre, Henri Loyrette. Ils savent bien que la décision finale obéit à des impératifs qui leur échappent.

Jack Lang, ancien ministre de la culture, a réagi à cette polémique. Selon lui, cette affaire est une question de conviction. Il soutient depuis longtemps « le combat d'ouverture que mène avec intelligence en France et à l'étranger Henri Loyrette, le président du Louvre. ».  
Selon lui, nous devrions être « fiers de la présence du Louvre à l'international. Le Louvre à Atlanta, c'est une reconnaissance de notre savoir-faire par les Etats-Unis. Idem pour Abou Dhabi et la reconnaissance de notre talent dans les pays arabes. Tout cela constitue une présence française culturelle en continu, une certaine idée de la culture française »  
Il rajoute qu’il s’est « toujours battu pour le financement public de la culture et je continuerais à le faire. Ce qui n'empêche pas le financement privé ». Il tient à rappeler que les émirs sont prêts à mettre beaucoup d'argent dans une expertise culturelle de haut niveau et dans du prêt temporaire d'oeuvres. Il insiste sur le fait que des partenariats, dont certains privés, ont été souvent utiles aux collections des musés nationaux : les travaux du musée de l'Orangerie à Paris [époque où Françoise Cachin était directrice des musées de Franceont été partiellement financés par des expositions tournantes des oeuvres en Australie et en Extrême-Orient. Cela a rapporté 7 millions d'euros. Même l'exposition «Mélancolie», organisée par Jean Clair, l'ancien directeur du musée Picasso, a été en partie financée à hauteur de 700 000 euros par les prêts des pièces du musée Picasso au musée de Berlin. Tout cela n'a rien de scandaleux. C'est même devenu normal.
Il conclut sa réaction en réaffirmant qu’"il ne s'agit pas de vendre des collections publiques. Nos oeuvres sont inaliénables. Nos musées ne négocient que des prêts d'oeuvres temporaires".

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commentaires

S
Six mois plus tard... Voici la lettre de mission adressée par le président de la République à sa Ministre de la Culture: http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/lettre_de_mission_du_president_de_la_republique_adressee_a_mme_christine_albanel_ministre_de_la_culture_et_de_la_communication.79213.htmloù il l'invite à "une réflexion sur la possibilité pour les opérateurs publics d'aliéner des œuvres de leurs collections". Qui ose encore parler de vaines inquiétudes?  Signalons que dans cette même lettre le Président maintient sa volonté de rendre les musées nationaux gratuits. Le visiteur sera en effet ravi de pouvoir entrer gratuitement au Louvre, mais pour y voir quoi? Peut-être quelques cartels indiquant l'absence d'oeuvres exposées à Abu Dhabi...
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