Actualités du droit et de la santé...
L'association ELSA et la faculté de droit Malakoff de
l'Université Paris V - René Descartes organise chaque année un concours de plaidoirie ouvert à tout étudiant en droit de la première à la cinquième année. Le
public est le bienvenu pour encourager les candidats.
Par équipes, des sujets doivent être traités alliant humour, éloquence et argumentation juridique.
Les sujets sont remis à 8h30 et les plaidoiries ont lieu à 18h. Une journée éprouvante et enrichissante.
Une note sur 100 (50 points pour l'argumentation, 25 points pour la présentation et 25 points pour la diction) est attribuée à chaque équipe qui s'affornte en duel.
Voici les sujets.
C'est sur le premier sujet que mon équipe et moi-même avons plaidé pour la 8ème édition qui vient de se terminer.
La prochaine phase, la finale universitaire, à laquelle nous nous sommes qualifiés avec 77/100(42/50, 18/25 et 17/25, a lieu dans 3 semaines,
celle de la rentrée des vacances de février. Nos futurs contradicteurs ont obtenus 88/100 (38/50, 24/25 et 24/25). Venez nombreux encourager l'ensemble des particpants.
Sujet A:
Monsieur et Madame TORNERRE, parents de la petite Yvette, 9 ans et atteinte d'un grave handicap mental, ont décidé d'arrêter
médicalement sa croissance physique pour pouvoir continuer à s'occuper d'elle.
Leur fille, qui vit avec eux
dans la petite commune de CASSIS, souffre depuis la naissance d'une rare forme d'encéphalite et son développement mental s'est arrêté à trois mois.
Ses parents, qui ont d'ailleurs détaillé leur choix controversé sur le site internet qu'ils ont spécialement créé pour l'occasion, se
présentent comme des diplômés de l'enseignement supérieur et expliquent qu'ils ont cherché le moyen de faciliter la vie d'Yvette, à mesure qu'elle grandira.
"Nous l'appelons 'Ange de l'oreiller' parce qu'elle est adorable et reste à l'endroit où on la pose, généralement un oreiller" soulignent les
époux TORNERRE sur leur site.
Après avoir consulté des médecins de l'hôpital pour enfants de Marseille, les
parents d'Yvette ont donné leur feu vert à plusieurs procédures médicales, dont une ablation de l'utérus. Depuis 2004, la petite fille a reçu des doses d'oestrogènes pour accélerer la soudure de
ses os, ce qui limitera sa croissance.
Les parents assurent que le traitement permettra à leur fille de
vivre plus à l'aise lorsqu'elle vieillira, notamment de développer des escarres.
"Nous pourrons continuer à
avoir la joie de la porter dans nos bras et Yvette pourra partir en voyage plus fréquemment, au lieu de rester dans son lit à fixer la télévision ou le plafond toute la journée" écrivent-ils, en
présentant des photos de leur fille.
Des groupes religieux se sont élevés contre la décision des parents
d'Yvette, qui équivaut selon eux à de l'eugénisme
Les TORNERRE s'en sont formellement défendus: "Certains
demandent quel regard Dieu porte ce traitement. Le Dieu que nous connaissons veut qu'Yvette bénéficie d'une bonne qualité de vie"
Le débat a aussi atteint la communauté médicale et rencontré un fort écho au sein des associations
d'handicapés.
L'association "PAS D'ENFANTS SANS DEFENSE" qui milite en faveur des jeunes handicapés, a
vivement pris part au débat en s'opposant au choix des TORNERRE.
"Je pense que la plupart des gens qui
entendent cette histoire réagissent en disant que c'est un mauvais acte" a réagi Yves PARMESAN, le Président de l'association. "C'est d'ailleurs pour
cette raison que nous avons décidé de nous porter partie civile dans cette affaire"
Le médecin d'Yvette, le
docteur Bernard Gynéco a quant à lui défendu le principe de son traitement, avançant qu'il permettrait à ses parents de mieux s'occuper d'elle.
Les TORNERRE ont en tous cas démenti que leur décision soit un choix de confort pour eux-mêmes: "Le but principal est d'améliorer la qualité
de vie d'Yvette"
L'équipe A défend les intérêts de l'association, l'équipe B ceux des époux.
Sujet B
Exorcisée ... à mort
Il pointe un doigt vers le ciel: "Dieu l'a voulu ainsi". Avec sa longue barbe hirsute toute rousse et les cheveux en bataille, le prêtre Daniel ressemble à un jeune Raspoutine. Habillé tout en
noir, ce jeune homme de 32 ans est assis dans la cour austère de son cloître. Il serre une bible dans ses bras et proclame, les yeux illuminés: "La soeur Béatrice était possédée par le diable.
Elle m'a demandée de l'aider et Dieu l'a délivrée de sa souffrance" La dépouille de la soeur Béatrice repose à quelques mètres de là, dans la petite église blanche attenante, perdue au coeur du
pays dignois. Des religieuses veillent sur le cercueil où l'on peut apercevoir le corps de leur ancienne consoeur portant encore les traces du bâillonement et de l'enchaînement subis.
Selon le prêtre, la soeur béatrice, se "sentant possédée par le diable" lui aurait demandé une théurgie et une messe de désenvoûtement. Après la messe, la situation a empiré: la religieuse
n'arrêtait pas de l'"injurier" et a même essayé de l'agresser. Aidé par quatre autres religieuses, Daniel, muni d'un crucifix et d'eau bénite, l'a baîllonée puis enchaînée sur une croix afin de
lire le formulaire des Exorcismes du Rituel Romain composé par le Pape Léon XIII: "Très glorieux Prince de la milice céleste, Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat contre les
principautés et les puissances, contre les chefs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans les airs (Eph VI, 12) Venez en aide aux hommes que Dieu a fait à son image et
à sa ressemblance, et rachetés à si haut prix de la tyrannie du démon (Sag II, 23; Cor VI, 20) Maintenant encore, vous-même Saint-Michel et toute l'armée des Anges bienheureux, combattez le
combat du Seigneur, tout comme autrefois, vous avez lutté contre Lucifer, le choryphée de la superbe, et contre ses anges révoltés. Et voici, ils ne purent vaincre, et leur lieu même ne se trouva
plus dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, l'antique serpent, celui qui est appelé le diable ou Satan, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre, et ses anges
furent précipités avec lui (Apoc, XII, 8.9)
"Au début, on l'a ligotée" raconte-t-il d'une voix neutre. "Mais le diable était tellement fort qu'il a rompu les cordes. Nous avons été obligés de lui mettre les chaînes" La femme qui était
sujette à la glossolalie, à l'aversion de la croix, à des coulées de sang sur la peau et à des stigmates lors des séances d'exorcisme, a été enfermée dans une petite pièce afin de "conjurer le
mal" et, quelques jours plus tard, elle a été retrouvée déshydratée et morte d'épuisement. Elle n'avait que 23 ans en ce 22 novembre 2006.
Béatrice Lacroix avait rejoint le monastère du Bourq il y a sept mois à peine après avoir été internée pendant trois mois pour schizophrénie à l'hôpital de la Digne. Elle a été accueillie par la
supérieure hiérarchique du monastère après que Béatrice lui a fait part de son désir de servir désormais Dieu.
Daniel Vaudoux, prêtre de la paroisse du village voisin Cassini, a été envoyé, au début de son ordination, au Vatican, à l'initiative de l'év^que du diocèse de Digne, Mgr Vincent Laborie afin
qu'il suive une formation approfondie de deux mois au prestigieux Athenaeum Pontificum Regina Apostolorum. En effet, la pratique médiévale désuète de l'exorcisme a bénéficié d'une forte promotion
du pontife en 2002, lequel avait decrété que chaque diocèse de l'Eglise devait nommer au moins un exorciste. Daniel l'a donc été pour le diocèse de Digne.
Daniel est perçu dans le village comme un bon servant de Dieu, respectueux de la hiérarchie cléricale et des canons, et la mort de la jeune femme est perçue comme " un miracle la délivrant de sa
démonopathie"
Lorsque Mgr Laborie a eu vent de l'incident, il a vivement critiqué, au nom de l'Eglise, les pratiques du prêtre Daniel en les qualifiant d'"abominables, relevant du Moyen Age et allant à
l'encontre des canons"
Mais la famille Lacroix, quoique très croyante, ne voit pas les choses sous le même angle. Horrifiée par la macabre nouvelle et les supplices subis par Béatrice, et après avoir porté plainte à
l'encontre de Daniel, des quatre soeurs et de la supérieure hiérarchique du monastère du Bourcq, elle accuse aussi l'évêque du diocèse auquel est rattachée la paroisse du prêtre-exorciste d'avoir
permis le recours à des pratiques occultes ayant entraîné la mort de leur jeune fille. Selon les parents de Béatrice, leur fille n'était atteinte que de schizophrénie et sûrement pas de
démonopathie.
L'équipe A représente la famille Lacroix et l'équipe B l'évêque Mgr Laborie.
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