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18 questions entre alimentation, logement, transport et  consommation
L'empreinte écologique moyenne d'un Français est de 56 400 m²/an. Et vous?
8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 02:02

Deux mille médecins et soignants lancent un appel en faveur de la dépénalisation de l'euthanasie et déclarent dans "Le Nouvel Observateur" et le quotidien régional "Sud-Ouest" avoir aidé des patients à mourir.

Alors que vient d'être rendue une décision en Italie (voir l'article sur Piergiorgio Welby) et que s'ouvrira lundi devant la cour d'assises de la Dordogne le procès du Dr Laurence Tramois et de l'infirmière Chantal Chanel, accusées respectivement d'empoisonnement et de complicité d'empoisonnement, 2.000 soignants déclarent avoir aidé comme elles des patients à mourir.

"Nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence", déclarent-ils dans le manifeste. "Tous les soignants ne sont pas confrontés à ce drame", expliquent les signataires, "mais la majorité de ceux qui assistent régulièrement leurs patients jusqu'à la mort, utilisent, dans les circonstances décrites, des substances chimiques qui précipitent une fin devenue trop cruelle, tout en sachant que cette attitude est en désaccord avec la loi actuelle".

"Des améliorations ont été apportées par les textes législatifs d'avril 2005 (loi Léonetti n°2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie) mais elles sont insuffisantes", jugent les signataires du manifeste qui demandent "l'arrêt immédiat des poursuites judiciaires à l'encontre des soignants mis en accusation".

Par ailleurs, ils réclament "une révision de la loi dans les plus brefs délais, dépénalisant sous conditions les pratiques d'euthanasie, en s'inspirant des réformes déjà réalisées en Suisse, en Belgique et au Pays-Bas". Les 2.000 auteurs du manifeste veulent "des moyens adaptés permettant d'accompagner les patients en fin de vie, quels que soient les lieux" et "les conditions de vie".

QU'EN PENSEZ VOUS? TEMOIGNEZ, REAGISSEZ ...

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publié par Olivier SIGMAN - dans Droit médical
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commentaires

Marine 26/10/2007 11:09

L'euthanasie... ? pourquoi pas. Mais je crois qu'il y a erreur dans le champ des priorités. Si l'on souhaite pouvoir un jour légiférer sereinement sur la question de l'euthanasie, il me semble impératif de commencer par développer les services de soins palliatifs. Trop souvent ces services manquent encore de moyens. Trop souvent les établissements de santé ne disposent que d'une simple équipe mobile, voir ne disposent de rien du tout.Or comme en témoignent les écrits de Marie de Hennezel, si de nombreux patients émettent le désir de voir leurs jours abregés, seul 5 à 10 % des demandes sont pleinement assumées. Ces demandes, même minoritaires, méritent d'être prises en compte. Mais la prudence semble nécessaire. En effet, l'expérience de l'auteur en milieu hospitalier montre que bien souvent les demandes d'euthanasie témoignent avant tout d'une grande détresse, d'un traitement de la douleur inadéquat, d'un accommpagnement par la parole insuffisant. Toutes choses auxquelles il est possible de répondre autrement que par l'euthanasie.Pour les cas où la demande est assumée et réitérée, il convient encore d'être prudent sur la réponse à apporter, notamment en termes de légalisation. Beaucoup d'auteurs ont souligné l'importance de la notion de transgression.Je pense ici aux écrits de Didier Sicard, président du CNE " Une société qui s'attribue trop facilement le geste de donner la mort finit par se nier elle-même dans l'expression de sa solidarité avec les plus vulnérables, c'est-à-dire avec ceux qui sont en train de mourir. Elle accepte de répondre par un geste radical à un simple demande de présence. La personne en fin de vie demande simplement à demeurer au sein des vivants, à sa place centrale qui va être limitée dans le temps. Elle doit pouvoir exprimer sa liberté au moment où elle est le plus enfermée dans sa maladie. Mais cela ne signifie pas que ce geste soit toujours porteur d'une radicalité. Cette liberté peut aller jusqu'à la provocation du soignant : "je veux mourir". Le médecin doit savoir préserver un dernier espace de liberté. Il me paraît évident que dans certaines situations (....) un geste qui aboutit à la mort peut être le plus humain, le pus généreux qui soit. Mais la mort qui passerait de la religion à la médecine puis au droit n'est pas nécessairement un progrès. C'est tout le paradoxe d'une interdiction majeure dont la transgression serait porteuse d'éthique".Je n'ai pas de position complètement arrêtée sur le sujet. Mais je m'interroge encore sur la radicalité de certaines positions. Je tiens encore à souligner deux points:- (Réponse à l'un des commentaires) Les médecins qui répondent aux demandes d'euthanasie ont le plus souvent été suivi et approuvé par la société (les différents jugements et arrêts rendus en la matière en témoignent). Donc la menace qui pèse sur eux est théoriquement réelle, mais en pratique bien faible. C'est en fait une menace de responsabilisation.- La légalisation n'est pas toujours source de sécurité pour le patient. Prenons l'exemple des Pays-bas et de la Belgique. Dans le premier pays, on a récemment découvert que des médecins avaient légalement pu aider une personne "simplement" dépressive à mourir... On mesure facilement les dégâts d'une telle décision (la décision des médecins a été approuvée par les juges) si celle-ci venait à faire jurisprudence...Dans le second pays, beaucoup de patients se sont mis à déserter certains établissements...considérés comme un peu trop prompt à abréger les jours. Une frontière se dessine progressivement entre les établissement qui pratiquent l'euthanasie et les autres. Cette inquitude des patients laisse rêveur. Trop souvent elle est oubliée par les partisans à tout prix de la légalisation de l'euthanasie.Je me permet encore de répondre à l'un des commentaires qui semble mettre la religion au centre du débat. Pour moi la religion est une fausse question. Nous somme dans un Etat laïc qui sait ne pas se faire gouverner par la religion. La question de l'IVG le prouve bien. Et la division entre les pro et les anti euthanasie (division un peu trop radicale pour être juste) ne saurait se résumer à une opposition catho / laïc.Bien à vousMarine

claire lamourelle 22/10/2007 14:04

Olivier,Je viens seulement de découvrir votre réponse !!! A mon tour...Effectivement, quand un corps ne fonctionne plus, ça n'est pas systématiquement synonyme de fin de vie. Mon organisme s'est arrêté environ 2 mois, et malgré la gravité de mon cas, les médecins n'ont pas débranché...A propos de l'IVG, je n'ai pas à proprement parler comparé "euthanasie" et "IVG", mais fait un parallèle entre les personnes "anti-IVG" et "anti-euthanasie", qui sont parfois les mêmes.Sincèrement,CL

Menut 13/03/2007 14:22

tous les soignants des services de réanimations, de neurologie, d'hématologie ont été et seront confrontés à un patient en fin de vie, pour qui plus aucune thérapeutique ne fonctionne. la souffrance physique et psychologique de ces hommes et de ses femmes est réelles. ces malades en bout de course, souhaitent enfin trouver la paix, le calme. pouvez vous comprendre la peur, la douleur de se voir se vider litéralement de son sang, de son urine, de ses selles, sentir la puenteur d'un corps qui commence déjà à se décomposé (notament dans les cas avancé de GVH) les intestins ravagés, les os douloureux. tous ces soignants ont été confrontés à un acte de soins extrême permettre à ces patients sans espoir d'amélioration de s'endormir calmement et dignement en utilisant des cocktails antalgiques puissants, dont les noms varies mais qui utilisent toujours des produits commes la morphine, le dolosal, le phénérgan, le potassium, etc...
ne soyons pas hypocrite, laissons le droit à tous hommes de mourir dignement,
oui je soutient l'euthanasie et le manifeste des 2000 professionels de la santé, en tant que soignante.
offrons une possibilité de mourir digne et sans heurt à ceux qui souffrent et pour qui plus aucune thérapeutique n'est possible, si tel est leur demande. soyons humains et accompagnons les jusqu'au bout. ne croyez pas que cela soit facile. il est plus simple de fermer la porte et de laisser ces pauvres malades en stade terminale dépassé mourir seuls, baigner dans la sueur froide de leur angoisse, de leur déchéance.
 

olivier 18/03/2007 01:44

Yolande,Merci de votre témoignage et de vos questionnements tout d'abord. Je souhaite vous répondre en apportant 2 précisions. *Pour des personnes comme vous le dites qui sont en bout de course, la loi 99-477 du 9 juin 1999 visant à garantir le droit à l'accès aux soins palliatifs était fait pour. Il en allait de la dignité des personnes dont aucun traitement n'était possible de pallier la souffrance. Avec la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, ces services sont dotés de moyens - financiers - plus importants. *Autre innovation de cette loi,  le double effet. Les soignants, en formation collégiale, peuvent administrer des morphiniques même si l'effet secondaire nécessaire à calmer la douleur (physique, psychique ou sociale) est le décès du patient. Le seul interdit demeure toujours l'injection volontaire d'un cocktail lytique.Enfin, il ne faut pas confondre une personne en fin de vie et une personne paralysée. Même si les deux demandent à mourir, els cas sont très différent.Que vous inspire l'arrêt rendu dans cette affaire?

claire lamourelle 12/03/2007 14:11

Euthanasie : du grec : « eu » : bon, bien et « Thanatos » : la mort.
 

Pour le milieu médical, il s’agit probablement d’une bonne mort, d’une mort douce, d’une mort sans douleur ! Ah ! La douleur, physique, psychologique, à cause des traitements indispensables que l’on doit suivre, ou bien le silence des soignants : soit ils ne savent pas, soit ils ne veulent pas dire. Et oui, ce sont des êtres humains, compétents mais faillibles, responsables mais stupides parfois.
 

  
 

            La mort fait partie de la vie. Partir dignement, c’est respecter la vie, celle qu’on nous a donnée, celle qu’on a menée, comme celle des autres. Celle des proches comme celle des lointains. Vous trouvez ça normal, vous, d’imposer à ceux qui vous aiment l’image d’un corps déliquescent et d’un esprit qui ne fonctionne plus, ou de travers ?
 

  
 

Que faire face à un être qui se délite, un humain qui ne veut plus ?
 

Plus manger, plus boire, plus vivre…
 

Qui souffre, qui en a assez de se faire torcher, piquer, bringuebaler ?
 

 
 

J’ai côtoyé la mort de près, et c’est seulement ça qui me fait dire : laissez-les partir.
 

Merci Vincent – Humbert – et sa maman, et tous les autres, pour le message que vous nous avez transmis depuis plusieurs années.
 

 
 

Merci aux soignants, qui doivent prendre une décision, hautement difficile et courageuse. Poursuites judiciaires pour homicide volontaire et/ou empoisonnement ?
 

Le scandale ! La honte ! Alors que leur geste est humain.
 

Trop facile d’inquiéter des gens après coup. Ils ont eu une décision à prendre. Dure, très dure. Mais inévitable. « Je suis innocent, Madame le Juge. Mon geste répondait à une nécessité thérapeutique ». Et dire qu’ils peuvent en prendre pour trente ans !!!
 

 
 

 Se prennent-ils pour Dieu ? Il n’est de Dieu que pour celui qui y croit.
 

Alors laissez-les travailler, l’âme sereine.
 

 
 

Légaliser l’euthanasie ? J’entends d’ici les cris d’orfraie de certains Chrétiens, les mêmes qui dézinguent les avorteurs. Et quand tu tires sur quelqu’un, tu lui ôtes la vie non ? Oui, mais la Bible, tout ça… Ah bon, la Bible ??? Vous me rappelez la position du Christ sur l’IVG s’il vous plaît.
 

 
 

Une dépénalisation immédiate et complète de l’euthanasie serait, à mon sens, un bon début.
 

 
 

olivier 18/03/2007 01:55

Claire,Merci de votre témoignage très détaillé. Il est vrai que la décision d'interrompre la vie d'un patient est un acte grave. Je vais donc tenter de répondre et de compléter votre commentaire."Décision hautement difficile et courageuse" il est vrai et incontestable MAIS uniquement quand elle est prise de manière collégiale et avec une discussion avec la personne de confiance - si elle a été nommée - ou la famille.Un corps qui ne fonctionne plus ou de travers n'est pas automatiquement synonyme de fin de vie: il peut s'agir de paralysie. Certains souhaitent encore vivre, certains écrivent, d'autres peignent, d'autres enfin tiennent pour voir leur petits-enfants. Devons-nous systématiquement ôter la vie car le corps ne répond plus - même si l'esprit va encore? Tous les cas ne sont pas les mêmes. Ne vaut-il pas mieux les juges et les jurés - des gens comme vous et moi - décider au cas par cas de ce qui ressort d ela nécessité ou de la pure folie d'un soignant?Je ne pense pas que l'on puisse faire une comparaison avec l'IVG. Cette mesure avait pour but la santé de la femme en situation de détresse. Il s'agissait ainsi de permettre à des femmes de pouvoir enfanter de nouveau après une IVG et surtout de ne pas mourir lors des IVG qui étaient auparavant clandestines.Pour prévenir toute difficulté, les patients doivent remplir des directives anticipées.

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