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Votre empreinte écologique

18 questions entre alimentation, logement, transport et  consommation
L'empreinte écologique moyenne d'un Français est de 56 400 m²/an. Et vous?
13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 05:45

Le gouvernement présentera demain un plan contre la maltraitance des personnes âgées dans les maisons de retraite, qui seront contrôlées plus sévèrement et dont le point fort est la création, le 21 mars, d'une "Agence nationale d'évaluation des établissements médico-sociaux", a annoncé le ministre Philippe Bas, tandis que les directeurs d'établissements déplorent un manque de moyens.

Les maisons de retraite font l'objet à intervalles répétés de soupçons de maltraitance, étayés par des "affaires" comme le procès qui s'est ouvert lundi 5 février 2007 à Bordeaux, mettant en cause l'ex-directrice d'une maison de retraite dont l'attitude a été décrite comme tyrannique par certains pensionnaires et salariés. Une ancienne directrice de maison de retraite, Jeanne Philibert, 81 ans, a admis devant le tribunal correctionnel de Bordeaux s'être montrée parfois "ferme" avec les résidents mais a réfuté les actes de maltraitance.Les plaidoiries et réquisitions étaient attendues dans la soirée.
L'octogénaire a reconnu certains des chefs d'accusation comme l'exercice illégal de la profession d'infirmier ou avoir accueilli 70 résidents dans l'établissement Château-Lamothe à Saint-Médard-d'Eyrans, près de Bordeaux, qui n'était agréé que pour 44 et qu'elle a dirigé de 1987 à 2003.

M. Bas a également annoncé qu'"une instruction générale (allait) être prochainement adressée aux DDASS (Directions départementales de l'action sanitaire et sociale)" pour que les contrôles soient "multipliés" dans les maisons de retraite. Mme Philibert a réfuté l'exercice illégal de la médecine.

Pendant trois heures à la barre, Mme Philibert, cheveux blancs et tailleur gris, s'est montrée offensive, et a tenu à témoigner debout, refusant à plusieurs reprises l'invitation du tribunal à s'asseoir.
Plusieurs témoignages lus lors de l'audience l'ont décrite comme "très autoritaire, régnant sans partage sur les salariés et les résidents". "Quand les patients ne mangeaient pas, on leur disait que Mme Philibert allait venir et alors ils mangeaient", ont raconté certains ex-salariés dans leurs témoignages écrits. Nombreux sont les témoignages qui ont décrit l'ex-directrice faisant tenir les résidents pour les forcer à manger ou à prendre leurs médicaments. "Il fallait bien qu'ils mangent leurs rations", a expliqué Mme Philibert, "mais il n'y a eu aucun geste de brutalité. De la fermeté oui", a-t-elle admis.
Mme Philibert a aussi reconnu qu'elle pratiquait "à l'occasion des actes infirmiers". Elle a ainsi pratiqué des touchers rectaux sans gant ou soigné des escarres dans des conditions d'hygiène précaires. Le protocole était celui donné par les médecins, a-t-elle indiqué. Elle a assuré qu'elle a obtenu un diplôme d'infirmière en 1945 à Berlin, mais ne possède pas d'équivalence française. "Je n'ai pas eu le temps" de la demander, a-t-elle expliqué.
Concernant l'exercice illégal de la médecine qui lui est reproché à partir de témoignages de certaines aides-soignantes, elle s'est emportée: "C'est faux ! Je téléphonais aux médecins et je n'ai jamais donné quelque chose que le médecin ne voulait pas que je donne".
Elle s'est enfin expliqué sur le nombre trop important de résidents dont certains devaient dormir sur des lits pliants ajoutés dans des chambres doubles, ou sur des fauteuils convertibles dans des salles communes: "Si vous saviez les pressions que nous avions pour prendre des personnes invalides..."
Leurs récits évoquent des personnes âgées forcées à manger en leur pinçant le nez ou en leur tirant les cheveux, ou encore contraints de dormir sur des fauteuils convertibles en salles communes.

Dans un ouvrage paru - "On achève bien nos vieux" (Oh! Edition) - Jean-Charles Escribano, infirmier depuis 25 ans auprès de personnes dépendantes, affirme que "l'omerta règne sur la médiocrité des soins apportés aux personnes âgées, une médiocrité mère de leur maltraitance quotidienne".

Cinq mois auparavant, Jacques Soubeyrand, chef d'un service de gériatrie à Marseille, racontait dans un livre au titre proche - "On tue les vieux" - (Fayard), "la toilette trop vite faite, l'ambulance qui arrive en retard, le repas servi froid" comme le quotidien de nombreuses personnes âgées. "La personne âgée est devenue un objet de consommation. Dans certaines structures à but lucratif, on a compris tout l'intérêt qu'il y avait à prendre en charge cette population", déplorait-il.

"Je tiens à souligner que les personnels font généralement leur métier avec coeur, et c'est une raison supplémentaire pour être intraitable quand il s'agit de maltraitance", a tempéré le ministre délégué aux personnes âgées Philippe Bas.

"Il y aura une évaluation obligatoire et régulière", en interne et "en externe sous le contrôle de l'Agence", a indiqué M. Bas. Un numéro d'appel "Allô maltraitance personnes âgées" (08.92.68.01.18) sera aussi prochainement lancé.

Loin de nier la maltraitance, Pascal Champvert, président de l'Adehpa (directeurs des maisons de retraite) a de son côté rappelé qu'il demandait "en vain depuis de nombreuses années la fermeture de 5% des établissements", selon lui refusée par les pouvoirs publics par manque de lieux d'accueil. Selon M. Champvert, le manque de moyens est au coeur du problème d'autant que 600 maisons de retraite supplémentaires seront nécessaires "d'ici 2 à 3 ans". Seul un doublement du nombre de personnels permettra d'y faire face, affrime-t-il. "Dans l'immense majorité des établissements (la maltraitance ou l'absence de 'bien traitance') est liée à l'épuisement des familles et des professionnels par manque de moyens et/ou d'aide", estime M. Champvert.

En réponse, M. Bas rappelle la création de "5.000 places par an depuis 2003" en maisons de retraite et les mesures du plan grand âge de juin 2006 concernant notamment le maintien à domicile et l'accueil de jour.

L'INSEE estime à un million en 2020 (1,3 million en 2040) le nombre de personnes dépendantes, contre 795.000 en 1999.

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publié par Olivier SIGMAN - dans --> Colloque
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