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Votre empreinte écologique

18 questions entre alimentation, logement, transport et  consommation
L'empreinte écologique moyenne d'un Français est de 56 400 m²/an. Et vous?
6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 00:25

Comme je vous l’avais annoncé, un débat fut organisé le mardi 20 mars 2007 de 19h à 21h30, à l'initiative de La Diagonale sur le thème : Fin de vie, éthique et société, réflexion publique, dans les laboratoires Servier, 22 rue Garnier, Neuilly-sur-Seine. Le compte-rendu est ici disponible.
Vous pouvez aussi lire sur ce même thème, l'arrêt rendu par la Cour d'assises de Périgueux à l'encontre de Chantal Chanel, infirmière et Laurence Tramois, médecin ainsi que le dernier débat sur ce thème.

Emmanuel Hirsch, Professeur d’éthique médicale, Faculté de médecine, Université Paris-Sud 11 en était le modérateur.

Albert-Claude Benhamou, Professeur de chirurgie vasculaire, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, AP-HP a introduit le débat.

Un film d’une dizaine de minutes nous a montré le quotidien et la réalité de l’approche de la fin de vie à l’Unité de soins palliatifs, Hôpital Paul Brousse, AP-HP que dirige Sylvain Pourchet, qui a ensuite abordé ce débat en affirmant que les soins palliatifs et l’euthanasie ne sont pas des questions taboues. La demande de mort survient et c’est pour cela que les soins palliatifs ont été mis en place et développé même par la loi 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie. Il critique avec vigueur le manifeste des 4000 médecins ayant pratiqué l’euthanasie (voir l’article sur ce manifeste).

Selon lui, ce n’est pas le message que doit transmettre un médecin à la population

Le Dr Philippe Juvin a indiqué de prime abord que réduire la question de la fin de vie à l’euthanasie est une minimisation de cette dernière problématique. Pour lui, la médecine de ville doit rester prioritaire dans ce domaine. La loi de 2005 précitée lui apparaît comme une tranquillité intellectuelle. Il réaffirme sa position contre toute injection de cocktail lytique car engendrerait trop de dérive. Il favorise une meilleure connaissance par le public des soins palliatifs et une lutte contre les souffrances des patients. Rappelant que plus de 70% des personnes décèdent hors de leur domicile ( hôpital, maison de retraite, service de soins de suite …) et 75% seuls, il se questionne sur la praticabilité des droits théoriques accordés depuis la loi de 2002 (loi 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé : voir le dernier colloque organisé par la Chaire santé de Science Po sur cette loi)

Louis Puybasset, Professeur, Unité de neuroanesthésie-réanimation, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, AP-HP a rappelé 2 (r)évolutions : même si la question de l’acharnement thérapeutique est bonne, la réponse ne réside pas dans l’euthanasie. Au contraire, il évoque devant nous l’aspect pratique de sa profession : les patients comme la famille demande un acharnement thérapeutique : chacun a envie de vivre, de profiter encore de ce monde. La mort donnée est une solution ancestrale. Il nous indique que le professionnel doit agi en proportionnalité et sortir le malade, les proches et le public en général de la confusion. Le suicide assisté n’est pas selon lui une question médicale. Pour conclure, il nous indique que la médecine active a permis de sauver 80% des personnes qui seraient mortes il y a 20 ans.

Un ancien membre du Comité Consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, présent dans la salle et invité à prendre la parole par le modérateur, nous remet en mémoire l’avis 63 de cette institution rendu le 27 janvier 2000 et qui le premier, par son titre : Fin de vie, arrêt de vie,euthanasie a placé le mot euthanasie et défini des exceptions. Ce dernier a aussi rappelé que « donner la mort n’est pas un acte médical » et « par nature, le médecin est un acharné de la thérapeutique et de la vie »

Véronique Vasseur, Médecin, service de médecine interne, Hôpital Saint-Antoine, AP-HP, ancien médecin chef à la prison de la Santé et excellent peintre a rappelé les principes posés par le Code de déontologie médicale qui indiquent que le médecin ne peut en aucun cas injecter sciemment une substance visant au décès de son patient. Elle met un point d’honneur à la collégialité des décisions prises dans un service. Parallèlement, elle informe l’auditoire que les hôpitaux, par le système de la tarification à l’activité (T2A) sont payés à l’acte donc beaucoup disent n’avoir aucun intérêt dans les soins palliatifs

Francis Tobolski, Radiologue, membre de la Diagonale, rappelle le devoir de tout médecin de préserver la vie.
Rappelant que les soins palliatifs sont un problème de culture, qu’il est du devoir de chaque médecin de s’occuper des mourants, qu’il faut éviter toute ghettoïsation de la mort, il a été procédé à un rappel des dispositions de la loi de 2005 précitée. Quand une personne est en état de manifester sa volonté, elle a la main sur ses choix même si le  professionnel doit tout faite pour qu’elle suive un traitement. En connaissance de cause (chimiothérapie, dialyse, ventilation … qui entraînera le décès) le professionnel ne pourra pas aller contre la volonté de son (sa) patient(e). Dans le cas d’une impossibilité d‘obtenir le consentement, la collégialité de l’équipe soignante, le questionnement de la personne de confiance et les directives anticipées restent une bonne chose. 

La synthèse fut faite par Dr Michel Hannoun, Président du groupe éthique, États généraux de la prévention. Il a rappelé le débat, la pression et la réflexion propre à l’avancée. Il a cité deux adages propres au thème de ce colloque : « Que sont les lois sans les moeurs ? » et « Mort certaine, heure incertaine »
La question de la durée de la vie demeure une question dans une démocratie. La formation en soins de fin de vie n’est que d’une dizaine d’heures pendant l’ensemble de la formation ( 9 ans). Il conclut ce colloque par une citation : « je ne possède rien d’autre que ma mort pour exprimer ma vie » et « le travail se fait dans la douleur »

L'auteur de ce site, Juriste en santé

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publié par Olivier SIGMAN - dans --> Colloque
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