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18 questions entre alimentation, logement, transport et  consommation
L'empreinte écologique moyenne d'un Français est de 56 400 m²/an. Et vous?
12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 22:05

Le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé vient de rendre un nouvel avis 118 sur la vie affective et sexuelle des personnes handicapées, question de l'assistance sexuelle.
 

 

L'avis est rendu suite aux questions posées par Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des solidarités et de la cohésion sociale, en 2011 :
– Quelles prestations la société serait-elle susceptible d’offrir pour atténuer les manques ressentis dans leur vie affective et dans leur vie sexuelle par les personnes handicapées et notamment celles « dont le handicap ne leur permet pas d’avoir une activité sexuelle sans assistance » et qui interrogent sur « la mise en place de services d’accompagnement sexuel ? »
– Quelle analyse faire alors sur la mise en place éventuelle de ces services par les professionnels du secteur sanitaire et médico-social, qu’en serait-il dans ce cadre du droit à la compensation ?
– Quel état des lieux et quelles propositions le CCNE pourrait-il faire sur les moyens susceptibles de promouvoir chez les personnels du secteur sanitaire et social les bonnes pratiques relatives à la vie privée, au respect de la liberté et de la dignité des personnes handicapées ?

Il est vrai que de nombreuses questions restent en suspens sur la sexualité des personnes touchées par le handicap.
Certaines associations demandent la mise en place d’une assistance sexuelle depuis la loi 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
Dans certains pays (Danemark, Allemagne, Suisse et Pays-Bas), les assistants sexuels ont des rôles très larges et variables d'un pays à l'autre, de la simple assistance érotique à la relation sexuelle. Cela, dans l'esprit "qu’une vie sexuelle satisfaisante participe du bien-être et de l’équilibre des personnes".

Au préalable de souligner que son travail ne concerne que les personnes atteintes de handicap physique et mental, le CCNE commence par dire que "L’épanouissement sexuel est une liberté dont aucun être humain adulte ne devrait se trouver exclu" même si la dimension sexuelle peut être perturbée et modifiée par les éléments de la vie (gestation, naissance ou accidents de la vie), rappelant que "La sexualité, comme les besoins ressentis d’activité sexuelle, évoluent selon l’âge des personnes concernées. Vie sexuelle et vie affective sont fortement associées."

Deux situations sont examinées:
*Les personnes, ayant connu une vie autonome et sexuelle que le handicap ne leur permet plus, gardent des fantasmes et des revendications d’actes sexuels, liée à la nostalgie et à la vie d'avant.
*Les personnes en situation de handicap depuis le plus jeune âge peuvent exprimer une forte demande affective et de prise en compte de cette solitude.

Le CCNE se questionne sur les aidants sexuels où « La mise en acte du corps et de l’intimité d’un assistant sexuel ne peut en aucun cas être une obligation qui lui serait, de quelque façon que ce soit, imposée. On ne peut occulter la question des conséquences tant émotionnelles que physiques de l’implication de son corps pour celui ou celle qui fournirait ce genre de prestation " et les conséquences sur les sentiments et désirs des uns et des autres.

Vient ensuite une réflexion sur les personnes handicapées elles-mêmes : "L’aide sexuelle, même si elle était parfaitement mise en oeuvre par des personnels bien formés, ne saurait à elle seule répondre aux subtiles demandes induites par les carences de la vie affective et sexuelle des personnes handicapées."
Le CCNE soulève également le problème de la définition pénale des actes des aidants ou des sites internet existants. Ainsi, "Servir d’intermédiaire entre une personne qui se prostitue et une autre qui a recours à ses services, est, au regard de la loi, du proxénétisme."
Qui plus est, le CCNE relève que l'aidant sexuel ne serait là que en cas de pulsion et servirait comme une aumôme accordée à une personne handicapée.
De manière très pragmatique, le CCNE souligne que "On peut souhaiter pour tout un chacun la possibilité d’une rencontre amoureuse fondée sur des émotions, des sentiments et des engagements moraux."

En conclusion, le CCNE inscrit en gras que "Les demandes d’assistance à la vie sexuelle sont très diverses et ne mettent pas en jeu le corps d’autrui de la même façon" avec une formation nécessaire des personnes soignantes et éducatives. Egalement, il "considère que la vigilance s’impose lorsque le corps d’un professionnel est mis en jeu pour des contacts intimes."

Les termes des derniers paragraphes de l'avis portent sur la notion d' "instrumentalisation, même consentie, rémunérée ou compassionnelle du corps d’une personne pour la satisfaction personnelle d’une autre" et "considère qu’il n’est pas possible de faire de l’aide sexuelle une situation professionnelle comme les autres en raison du principe de non utilisation marchande du corps humain."

Concluant son avis, "le CCNE ne peut discerner quelque devoir et obligation de la part de la collectivité ou des individus en dehors de la facilitation des rencontres et de la vie sociale, facilitation bien détaillée dans la Loi qui s’applique à tous. Il semble difficile d’admettre que l’aide sexuelle relève d’un droit-créance assuré comme une obligation de la part de la société et qu’elle dépende d’autres initiatives qu’individuelles." 

 

NDLR: Déjà, le CCNE avait rendu les avis 49 et 50 du 3 avril 1996 relatifs à « la contraception chez les personnes handicapées mentales » et à la « stérilisation envisagée comme mode de contraception définitive»

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publié par Olivier SIGMAN - dans Médecine
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commentaires

SanteDuWeb 12/07/2016 19:20

Les deux situations examinées ne sont pas suffisantes pour prendre la bonne décision

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