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18 questions entre alimentation, logement, transport et  consommation
L'empreinte écologique moyenne d'un Français est de 56 400 m²/an. Et vous?
16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 06:30

Le MEDEC accueillait cette année encore une conférence sur le Dossier Médical Personnel (DMP) intitulée: "DMP: mieux partager l'information pour mieux soigner" (voir l'article sur la journée inaugurale de ce salon et l'avis de la CNIL sur l'utilisation du NIR comme identifiant)
Si vous êtes intéressé par ce thème, le compte-rendu d'une réunion du MEDEC 2006 sur le Dossier Médical Personnel (DMP) pourra aussi être mise en ligne à votre demande. Mettez un simple commentaire pour cela.

Voici les grand traits de l'intervention lors du MEDEC 2007:
Dominique Coudreau, président du
Groupement d'Intérêt Public Dossier Médical Personnel (GIP-DMP), en était le modérateur. L'intervenant ne faut autre que Jacques Sautet, directeur de ce GIP-DMP.

Après un film rappelant le système d'information partagé, le but: un mieux pour le patient avec un effet secondaire de retombées économiques pour le système de santé, le dossier hospitalier, l'amélioration du bien-être et le contrat de confiance entre les professionnels de santé et leurs patients, l'intervenant, Jacques Sautet nous a rappelé que la numérisation des données et l'utilisation d'internet constituaient déjà un phénomène mondial qui entraîne un bouleversement dans les sphères d'activité. Même si l'imprimerie a été modifiée en 4 siècles, il nous indique qu'il en est de même pour la médecine mais en 4 décennies.
Il nous remémorre la Carte vitale, créée il y a 10 ans, utilisée par les praticiens libéraux pour les échanges administratifs. Actuellement, nous sommes, selon l'intervenant, dans une phase de médicalisation des échanges d'information.

Le DMP constitue un projet d'infrastrictures d'échanges entre professionnel ainsi qu'un service pour la valeur ajoute de l'exercice professionnel. A cela, il ne faut pas oublier le droit de regard du patient sur les informations figurant dans son DMP (ndlr: le DMP appartient au patient qui seul, donnera autorisation pour y inscrire telle ou telle donnée)

Pharmaciens, réseaux institutionnels, professionnels de santé (libéraux ou en établissements de santé), réseaux de santé sont autant d'acteurs qui participeront à la mise en place de ce nouvel outil qu'est le DMP.

Sur la question de l'hébergeur et du portail d'accès au DMP de chaque patient,
Jacques Sautet, tout comme Dominique Coudreau nous ont rappelé que la Caisse des Dépôts et Consignations est chargée du portail qui sera une interface unique pour la sécurité des connexions. L'hébergeur n'est qu'un simple coffre-fort sécurisé au niveau militaire, qui n'a aucune connaissance des informations s'y trouvant.

A travers les expérimentatiosn déjà effectuées, il est apparu que le DMP doit régler tout problème de double saisie des informations: le DMP devra être sur, simple, rapide et peu coûteux.
*Un appel à projet à déjà été lancé pour 27 millions d'euros pour la convergence technique des logiciels médicaux avec le DMP. Un accompagnement technique sera aussi mis en place pour les quelques 20% de professionnels de santé non équipés de microinformatique.
*La Conférence des Doyens d'Universités de Médecine a aussi lancé un outil de formation doté de 20 millions d'euros afin que les jeunes médecins y soient formés dès leurs études.

Il est rappelé, qu'à l'exception des Affections Longue Durée (ALD), aucune rémunération ne sera allouée aux professionnels de santé pour la tenue du DMP de leur patient.

Il est enfin prévu une procédure "bris de glace" pour les patients hors d'état d'exprimer leur souhait de voir consulter leur DMP par un praticien. Les directives anticipées de fin de vie, comme la volonté ou non de don post-mortem d'organes, pourront être intégrées dans le DMP.

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 21:41

Comme je l'indiquai dans un précédent article sur un plan contre la maltraitance des personnes âgées (voir ici l'article), le ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille, Philippe Bas, a dévoilé un plan de lutte contre la maltraitance des personnes âgées et handicapées.

Les maisons de retraite et les établissements accueillant des handicapés seront contrôlés plus sévèrement pour sanctionner les cas de maltraitance, selon un plan jugé "utile" mais "insuffisant" par les directeurs de maisons de retraite.
Dans un pays encore traumatisé par les 15.000 morts de la canicule de l'été 2003, et qui comptera deux millions de personnes de plus de 85 ans d'ici 10 ans, "il faut agir avant que ne se produisent les faits", a déclaré Philippe Bas, qui veut "inscrire la bientraitance au coeur de la prise en charge des personnes vulnérables". Il a fustigé la "réalité intolérable" des maltraitances, qui peuvent être "passives", "tissées de petites négligences quotidiennes" : faire des toilettes trop rapides, ne pas répondre aux appels des personnes ou servir les repas trop tôt, ou "plus graves", allant des "violences psychologiques ou morales" à des actes de "maltraitance physique ou sexuelle".

Le plan du gouvernement se décline en 10 mesures concrètes, dont le point fort sera la création, le 21 mars, d'une Agence nationale d'évaluation des établissements médico-sociaux" (ANESM) qui incitera les établissements à mettre en oeuvre une démarche d'amélioration de la qualité et des contrôles.
Une instruction sera adressée aux services départementaux de l'action sanitaire et sociale (DDASS) pour qu'ils multiplient les contrôles au sein des maisons de retraite.
Le doublement du nombre des inspections en établissements est prévu en 2007. Il devrait passer de 750 à 1.500.
Dans les dix ans qui viennent, les besoins en recrutement, de l'auxiliaire de vie à domicile au directeur d'établissement, sont estimés à 400.000 professionnels, pour couvrir les remplacements de départs en retraite.
"Ce plan représente un effort de 2,3 milliards d'euros sur 5 ans pour répondre à la révolution démographique de notre pays", a déclaré M. Bas.
En 2007, 23.400 personnes seront recrutées, dont 18.000 dans le secteur des personnes âgées et 5.400 pour les personnes handicapées. Ces emplois s'ajoutent selon le ministère aux 3.500 recrutements opérés depuis janvier sous contrats aidés.

Parmi les autres mesures figure la facilitation des signalements grâce à la promotion du numéro national Alma 0892 680 118. Une politique de sensibilisation et de formation des personnels fait partie du plan.
Les directeurs d'établissements seront tenus de s'assurer qu'aucune infraction incapacitante ne figure sur le casier judiciaire de la personne qu'ils envisagent de recruter.
L'aide à la modernisation des établissements pour personnes âgées qui s'élevait à 50 millions d'euros en 2006, est reconduite en 2007 pour 150 millions d'euros. Les établissements pourront obtenir des prêts à taux zéro pour des travaux de modernisation. L'action du Comité national de vigilance contre la maltraitance des personnes âgées, créé en 2002, est élargie aux personnes handicapées.
Enfin, l'ordonnance du 1er décembre 2005 a élargi le pouvoir des préfets qui peuvent désormais ordonner la fermeture immédiate de la structure en cas d'urgence ou ordonner une fermeture définitive.

"Le plan est utile mais clairement insuffisant", a jugé Pascal Champvert, président de l'Adepha, association qui regroupe les directeurs de maisons de retraite qui a regretté le manque de moyens pour les contrôles à domicile et pour les personnels dans les établissements.

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 21:31

Voici les comptes-rendus des séances auxquelles j'ai assisté le 14 mars 2007 au MEDEC (voir l'article sur le salon).

Pour son inauguration officielle le 14 mars 2007, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a annoncé "Nous avons décidé de relever le numerus clausus à 7.100", c'est-à-dire le nombre d'étudiants admis en deuxième année de médecine, est porté à 7.100 pour 2007, contre 7.000 l'année passée. "Il faudra même aller au-delà de 7.100" dans les années qui viennent, en soulignant "les aspirations des médecins à travailler à temps partiel".
Le numerus clausus de 4 700 en 2001 et 2002, 5 100 en 2003 et 5 550 en 2004 avait déjà été relevé en 2006 passant de 6.200 en 2005 à 7.000 : "un niveau maintenu au minimum chaque année jusqu'en 2010", s'était alors engagé le ministre de la Santé. 
Le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM) milite pour sa part pour un numerus clausus porté à 8.000 pour faire face au vieillissement de la profession médicale. Il faut dix ans pour former un médecin généraliste et quatorze pour former un spécialiste.
Selon un rapport publié fin 2006 par la caisse de retraite des médecins (Carmf), les effectifs des médecins libéraux devraient baisser de près de 25% d'ici 2025. Les projections de la Caisse nationale d'assurance maladie sont moins catastrophiques et prévoient une diminution des effectifs de 9%.

La conférence inaugurale, qui suivait, portait sur la vision de la santé des candidats à la présidentielle. Michel Chassang, président de la CSMF et Gérard Kouchner, président du MEDEC avaient convié les candidats du PS, de l'UDF, de l'UMP et des Verts. Voici les grandes lignes de cette intervention:

Jean-Marie Le Guen, pour le Parti Socialiste, a réaffimé la volonté d'augmenter les dépenses de santé et les investissements dans ce domaine pour le rayonnement du pays. Il a abordé le souhait de resolvabiliser la sécurité sociale. Il a précisé que la santé ne comprend pas que le soin et le soin, pas que l'aspect curatif. Il s'est dit contre le système de la franchise qui, selon lui, retarde l'accès primaire aux soins de splus défavorisés mais s'est aussi dit opposé à une médecine gratuite. Il a émis le souhait d'une médecine de proximité, d'un C = Cs, d'une éducation thérapeutique et d'une politique de prévention.

François Bayrou, candidat de l'UDF à la Présidence de la République, était venu en personne au MEDEC présenter son programme. Il a tenu avant de répondre aux questions des modérateurs à faire une introduction où il a parlé du sentiment d'abandon des professions médicales par les patients et els institutionnels alors qu'ils appartiennent à la catégorie des personnes les plus qualifiées. Il a réaffirmé que la santé est une dépense et non une charge, qu'il s'agit d'investissemens à long terme et de source de progrès. Il est favorable à une permanence des soins et une coordination ville-hôpital. Pour lui, il est impensable de ne pas mettre en place de suite C = Cs.

François Fillon, représentait Monsieur Nicolas Sarkozy. Il a défendu le système du paiement à l'acte qui est fonction de la responsabilité, du travail accompli et de l'utilité sociale. Il a indiqué que le C devait s'aligner avec le Cs. Il a salué l'effort fait par la médecine de ville. Il a émis le souhait de renforcer l'autonomie des hôpitaux, leur contrôle autonome et leur mise en réseau. Il dénonce vivement les abus pour tenter de pérenniser notre système et diversifier les sources de financement. Il rappelle l'augmentation du numerus clausus (passé de 3 500 dans les années 1990 à 7 100 l'année prochaine) et ne souhaite pas revenir sur le secteur II et les consultations et lits attribuées à des consultations privées à l'hôpital.

Les Verts étaient représentés par Monsieur Sicolella.
Je n'ai pu rester à son intervention. Vous m'en voyez désolé. Voir aussi la conférence inaugurale de 2006 relative à la réforme de l'assurance maladie à mi-parcours.

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 01:00

Cet article vous informe de la tenue du Séminaire Pierre Royer, 23ème séminaire de génétique clinique, ce jour à l'HEGP, consacré à la responsabilité et la médiation en génétique.

Si vous souhaitez y assister, prenez contact avec Mme Delphine Weil au 06-13-54-09-78 (tél), au 01-44-49-51-50 (fax) ou
seminaires.pierreroyer@9online.fr  .
La participation est de 60 € pour une journée et 110 € pour les 2 jours.

Voici le programme:

La journée du 14 mars est modérée par Nicole Questiaux

La matinée abordera la procédure d'information génétique familiale .
Interviendront Hélène Miller pour Responsabilité du médecin, responsabilité du patient,
Claudine Esper et Fréderique Dreiffus-Netter pour l'information génétique à caractère familial et

Catherine Brun
pour A qui appartient l'information familiale? puis
M. Pasquier-Desvignes pour Paroles de père,
Jean-Paul Bonnefont et Arnold Munnich pour hérédité liée au sexe et mitochondriale,
Marcella Gargiullo pour Chorée d'Huntington et enfin
Dominique Thouvenin (
voir un article à son propos) et Dominique Stoppa-Lyonnet pour Cancer du sein

L'après-midi, autour du thème La médiation dans l'exercice de la génétique verra intervenir
Michèle Guillaume-Hofnung pour Médiation juridique,
Jean-Marc Morin pour médiation institutionnelle et
Laurence Azoux-Bacrie (
voir la commission qu'elle dirige) pour une nouvelle interface entre droit et génétique puis
Jérome Le Bidois pour contenu de l'information et médiation en situation prénatale,
Adèle Driben pour médiation et psyché,
Nicole Philip et Johana Bengoa pour responsabilité du conseiller en génétique et enfin,
Jean-Claude Ameisen (
voir sa participation au colloque sur la fin de vie)pour la conférence de clôture

La journée du 15 mars sera modérée par Alain Cordier et Anne Laude (voir l'Institut Droit et santé)

Pour la matinée consacrée à l'information a posteriori en génétique, interviennent
Didier Tabuteau (voir la
Chaire de Science po qu'il dirige en santé et le dernier colloque sur le droit des malades) pour l'exigence légale d'actualisation des tests,
Corine Antignac pour la banque d'ADN, une arme à double tranchants;
suivent les interventions d'Hélène Tacq et d'Arnold Munnich sur en attendant la découverte

L'après-midi abordera le diagnostic préimplantatoire et les groupes HLA.
Hélène Miller commence avec l'extension du DPI aux test HLA puis
Julie Steffann traite de la réalité de la demande.
Eliane Gluckman termine avec Greffe de sang de cordon: méthodes, indcations.

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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 06:00

Alors que la fin de vie et l'euthanasie est évoquée régulièrement ( voir le dernier article sur le thème de l'euthanasie et la fin de vie), une soirée-débat autour du thème: Arrêt de vie, fin de vie, euthanasie: Enjeux éthiques du débat - que je vous recommande vivement - est organisée ce soir, mardi 13 mars 2007 à 19h à Paris, Grand Amphithéâtre de la Faculté de Médecine, 12 rue de l'Ecole de Médecine, Paris 6ème (M°Odéon, Ligne 4) 
par la
Société Française et Francophone d'Ethique Médicale (SFFEM) et l'Espace Ethique de l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris 

Les invités sont le Pr Jean-Claude Ameisen, Président du Comité d'éthique de l'INSERM et membre du Comité consultatif national d'éthique;
le Dr Edouard Ferrand,
Service d’anesthésie et de réanimation au CHU Henri Mondor/AP-HP;
le Pr François Goldwasser,
Service de cancérologie au CHU Cochin/AP-HP;
le Pr Christian Hervé,
Directeur du Laboratoire d'éthique médicale et de médecine légale, Faculté de médecine, université Paris 5;
le Pr Emmanuel Hirsch
Directeur du Département de recherche en éthique à la Faculté de médecine, université Paris 11;
le Pr Vincent Meininger,
Fédération de neurologie et Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière/AP-HP;
le Pr Claude Rougeron,
Médecin généraliste et
Philippe Toullic,
Cadre infirmier en réanimation médicale au CHU Saint-Louis/AP-HP.

Au plaisir de vous y retrouver,

La 
Société Française et Francophone d'Ethique Médicale (SFFEM) a organisé un colloque précédémment autour de l'IVG  avec la présence de Simone Veil (voir le compte-rendu) et sur la greffe partielle de tissus de la face (voir le compte-rendu)

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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 05:51
L'émission de France 2, l'Arène de France, pose régulièrement un débat autour des questions de santé.

Après avoir débattu depuis septembre 2006 à quatres thèmes par mois autour notamment des questions: Faut-il avoir peur de veillir?, Faut-il légaliser l'euthanasie? Peut-on guérir sans médicaments? Fumeurs, fraudeurs, faut-il les dénoncer?Doit-on tout tenter pour avoir un enfant? faut-il faire la guerre à l'alcool? Faut-il interdire de fumer partout? (voir l'article sur l'émission abordant ce thème) ou encore Les hôpitaux sont-ils malades? ,

le thème proposé pour la prochaine émission de l'Arène de France est : Faut-il être riche pour se soigner?


Modérateur de la soirée: Stéphane Bern;
Invité de l'Arène de France: François Berléand
Avocats et intervenants nourirront le débat


Si vous souhaitez assister à l'émission qui se déroule le mercredi 14 mars 2007, contacter Betty au 01-41-107-108.
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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 05:45

Le gouvernement présentera demain un plan contre la maltraitance des personnes âgées dans les maisons de retraite, qui seront contrôlées plus sévèrement et dont le point fort est la création, le 21 mars, d'une "Agence nationale d'évaluation des établissements médico-sociaux", a annoncé le ministre Philippe Bas, tandis que les directeurs d'établissements déplorent un manque de moyens.

Les maisons de retraite font l'objet à intervalles répétés de soupçons de maltraitance, étayés par des "affaires" comme le procès qui s'est ouvert lundi 5 février 2007 à Bordeaux, mettant en cause l'ex-directrice d'une maison de retraite dont l'attitude a été décrite comme tyrannique par certains pensionnaires et salariés. Une ancienne directrice de maison de retraite, Jeanne Philibert, 81 ans, a admis devant le tribunal correctionnel de Bordeaux s'être montrée parfois "ferme" avec les résidents mais a réfuté les actes de maltraitance.Les plaidoiries et réquisitions étaient attendues dans la soirée.
L'octogénaire a reconnu certains des chefs d'accusation comme l'exercice illégal de la profession d'infirmier ou avoir accueilli 70 résidents dans l'établissement Château-Lamothe à Saint-Médard-d'Eyrans, près de Bordeaux, qui n'était agréé que pour 44 et qu'elle a dirigé de 1987 à 2003.

M. Bas a également annoncé qu'"une instruction générale (allait) être prochainement adressée aux DDASS (Directions départementales de l'action sanitaire et sociale)" pour que les contrôles soient "multipliés" dans les maisons de retraite. Mme Philibert a réfuté l'exercice illégal de la médecine.

Pendant trois heures à la barre, Mme Philibert, cheveux blancs et tailleur gris, s'est montrée offensive, et a tenu à témoigner debout, refusant à plusieurs reprises l'invitation du tribunal à s'asseoir.
Plusieurs témoignages lus lors de l'audience l'ont décrite comme "très autoritaire, régnant sans partage sur les salariés et les résidents". "Quand les patients ne mangeaient pas, on leur disait que Mme Philibert allait venir et alors ils mangeaient", ont raconté certains ex-salariés dans leurs témoignages écrits. Nombreux sont les témoignages qui ont décrit l'ex-directrice faisant tenir les résidents pour les forcer à manger ou à prendre leurs médicaments. "Il fallait bien qu'ils mangent leurs rations", a expliqué Mme Philibert, "mais il n'y a eu aucun geste de brutalité. De la fermeté oui", a-t-elle admis.
Mme Philibert a aussi reconnu qu'elle pratiquait "à l'occasion des actes infirmiers". Elle a ainsi pratiqué des touchers rectaux sans gant ou soigné des escarres dans des conditions d'hygiène précaires. Le protocole était celui donné par les médecins, a-t-elle indiqué. Elle a assuré qu'elle a obtenu un diplôme d'infirmière en 1945 à Berlin, mais ne possède pas d'équivalence française. "Je n'ai pas eu le temps" de la demander, a-t-elle expliqué.
Concernant l'exercice illégal de la médecine qui lui est reproché à partir de témoignages de certaines aides-soignantes, elle s'est emportée: "C'est faux ! Je téléphonais aux médecins et je n'ai jamais donné quelque chose que le médecin ne voulait pas que je donne".
Elle s'est enfin expliqué sur le nombre trop important de résidents dont certains devaient dormir sur des lits pliants ajoutés dans des chambres doubles, ou sur des fauteuils convertibles dans des salles communes: "Si vous saviez les pressions que nous avions pour prendre des personnes invalides..."
Leurs récits évoquent des personnes âgées forcées à manger en leur pinçant le nez ou en leur tirant les cheveux, ou encore contraints de dormir sur des fauteuils convertibles en salles communes.

Dans un ouvrage paru - "On achève bien nos vieux" (Oh! Edition) - Jean-Charles Escribano, infirmier depuis 25 ans auprès de personnes dépendantes, affirme que "l'omerta règne sur la médiocrité des soins apportés aux personnes âgées, une médiocrité mère de leur maltraitance quotidienne".

Cinq mois auparavant, Jacques Soubeyrand, chef d'un service de gériatrie à Marseille, racontait dans un livre au titre proche - "On tue les vieux" - (Fayard), "la toilette trop vite faite, l'ambulance qui arrive en retard, le repas servi froid" comme le quotidien de nombreuses personnes âgées. "La personne âgée est devenue un objet de consommation. Dans certaines structures à but lucratif, on a compris tout l'intérêt qu'il y avait à prendre en charge cette population", déplorait-il.

"Je tiens à souligner que les personnels font généralement leur métier avec coeur, et c'est une raison supplémentaire pour être intraitable quand il s'agit de maltraitance", a tempéré le ministre délégué aux personnes âgées Philippe Bas.

"Il y aura une évaluation obligatoire et régulière", en interne et "en externe sous le contrôle de l'Agence", a indiqué M. Bas. Un numéro d'appel "Allô maltraitance personnes âgées" (08.92.68.01.18) sera aussi prochainement lancé.

Loin de nier la maltraitance, Pascal Champvert, président de l'Adehpa (directeurs des maisons de retraite) a de son côté rappelé qu'il demandait "en vain depuis de nombreuses années la fermeture de 5% des établissements", selon lui refusée par les pouvoirs publics par manque de lieux d'accueil. Selon M. Champvert, le manque de moyens est au coeur du problème d'autant que 600 maisons de retraite supplémentaires seront nécessaires "d'ici 2 à 3 ans". Seul un doublement du nombre de personnels permettra d'y faire face, affrime-t-il. "Dans l'immense majorité des établissements (la maltraitance ou l'absence de 'bien traitance') est liée à l'épuisement des familles et des professionnels par manque de moyens et/ou d'aide", estime M. Champvert.

En réponse, M. Bas rappelle la création de "5.000 places par an depuis 2003" en maisons de retraite et les mesures du plan grand âge de juin 2006 concernant notamment le maintien à domicile et l'accueil de jour.

L'INSEE estime à un million en 2020 (1,3 million en 2040) le nombre de personnes dépendantes, contre 795.000 en 1999.

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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 08:15

Cet article vous informe qu'un colloque a lieu le mercredi 7 mars 2007 à l'Auditorium de l'Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP) intitulé Les droits des malades, cinq ans après : quelles perspectives?

Voici le programme:
La loi du 4 mars 2002 a eu pour objectif de réquilibrer la relation médecin - malade. Fort ambitieux, ce texte a notamment traité de l'information du patient, du consentement aux soins, du refus de soins, du dossier du patient, de l'hébergement des données de santé, de la personne de confiance, de la réparation des risques sanitaires ...
Après cinq années d'application, les objectifs sont-ils atteints? Surtout, quelles sont les perspectives d'évolution pour les droits nouveaux, affirmés en 2002?
Tel est l'objet de la journée du mercredi 7 mars 2007. le colloque, organisé par le centre de Recheche en droit médical de l'Université Paris V, mêle les voix médicales aux voies des professionnels du droit et de la pratique juridique. Les associations de patient sont également entendues.
Dans un contexte sanitaire évolutif, caractérisé par la maîtrise des dépenses, existera-t-il réellement des droits des malades dans l'avenir? le libre choix du malade demeurera-t-il une réalité? La réparation, lors d'un sinistre médical, évoluera-t-elle vers un droit facilement accessible pour tous? La solidarité nationale tiendra-t-elle ses promesses?
Tel est l'essentiel des questions évoquées au cours de la journée, à l'occasion de l'anniversaire des cinq ans de la loi.


08h30: Accueil et 09h00: Ouverture
La loi du 4 mars 2002: ses problématiques, ses enjeux, ses ambitions par Didier TABUTEAU, directeur général de la Fondation Caisse d'Epargne pour la Solidarité, co-directeur de l'Institut Droit et santé Paris V, titulaire de la Chaire santé de IEP Paris

MATINEE
Les droits des malades - quel avenir?
Présidence du Pr. Philippe JUVIN, Président de la commission nationale de santé de l'UMP, Vice-Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine
Le droit de décider: autonomie de la personne ou retour au paternalisme?
La participation du malade à la décision médicale par Maître Véronique RACHET-DARFEUILLE, avocat au Barreau de Nantes et Dr Véronique FOURNIER, centre d'éthique clinique à l'hôpital Cochin (AP-HP)
Présidence de Monique RICOMES, Directrice de l'Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP) AP-HP
Libre choix ou contrainte?
Les contraintes liées à l'organisation du système de santé par Marc DUPONT, Directeur Adjoint aux Affaires Juridiques et des Droits du Patient à l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP) (Voir l'intervention de cette direction Affaires Juridiques et Droits du Patient de l'AP-HP à la commision de bioéthique et de droit de la santé) et Dr Philippe BICLET, conseiller national à l'Ordre des Médecins
La place des usagers: mythe ou réalité?
L'agrément des associations d'usagers par le Pr Frédérique DREIFUSS-NETTER, Directrice du centre de Recherches en droit médical, Université Paris V et le rôle effectif des associations d'usagers par Claire COMPAGNON, consultante en politique de santé

APRES-MIDI
Existe-t-il un droit à réparation? sous la présidence de Christian PAIRE, directeur général du CHU de Rouen, Président du CNEH
La responsabilité médicale: inflation ou déclin?
Responsabilité et information par le Pr Mireille BACACHE, Université Paris V; la faute dans l'exdrcice médical par denis BERTHIAU, Maître de Conférence à l'Université Paris V et le traitement de l'accident médical en établissement de santé par Pierre CHEVALIER, Directeur Adjoint aux Affaires Juridiques et des Droits du Patient à l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP) (Voir l'intervention de cette direction Affaires Juridiques et Droits du Patient de l'AP-HP à la commision de bioéthique et de droit de la santé)
Solidarité nationale: une promesse tenue? sous la  présidence du Pr Jean-Pierre MACHELON, Doyen de la Faculté de droit de l'Université Paris V
Accidents médicaux et solidarité nationale par le Pr Claudine ESPER, Université Paris V

L'entrée est de 30 €. Les étudiants et le personnel de l'HEGP peuvent y avoir accès gratuitement.
Prendre contact pour cela avec Caroline Juillet par téléphone au 06-21-04-17-67 ou par mail:
caroline.juillet@wanadoo.fr

Voir aussi le colloque qui vient de se tenir à la Chaire santé de Science Po Paris (IEP Paris) sur cette loi  .

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