L’ancien premier ministre, Dominique de Villepin, a nié avoir "participé à une quelconque manoeuvre politique" à sa sortie du pôle financier, hier soir.
Mis en examen ce matin, Dominique de Villepin aura désormais accès au dossier de l’affaire Clearstream, changement pour l’ancien premier ministre qui, jusqu’à présent, n’avait pu le consulter avec son simple statut de témoin.
Dominique de Villepin est donc poursuivi pour "complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol et d'abus de confiance, complicité d'usage de faux" par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons qui instruisent depuis bientôt trois ans ce dossier politico-judiciaire devenu une affaire d'Etat.
L’ancien premier ministre a refusé de répondre sur le fond aux magistrats ce matin, durant les 50 minutes qu’a duré son audition.
En revanche, à sa sortie du bureau des juges, il a assuré devant les journalistes que jamais, il n'avait "participé à une quelconque manœuvre politique". Il a déclaré avoir toujours agi "pour faire face à des menaces internationales". D’un point de vue personnel, il également parlé d’"accusations douloureuses pour [lui] et [sa] famille" et affirmé qu’il répondrait, "le moment venu" et "naturellement" à toutes les questions des juges.
Les juges Henri Pons et Jean-Marie d'Huy avaient convoqué Dominique de Villepin après la découverte de documents récents suggérant son implication dans une manipulation politique visant à discréditer Nicolas Sarkozy, alors candidat UMP pressenti pour la présidentielle.
N’ayant eu de cesse de répéter qu’il avait agi dans ce dossier en qualité de ministre des Affaires étrangères, puis de l’Intérieur, ce dernier devrait demander à être renvoyé devant la Cour de Justice de la République, seule habilitée à juger les crimes et délits d’un ministre dans l’exercice de ses fonctions.