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Tribunes de la santé - Crises épidémiques par Patrice Bourdelais

Il début en nous indiquant que la question a évolué et est lié à l’histoire de la santé publique

La réponse immédiate se trouve dans la généalogie, dans la réémergence de la maladie, l’organisation du système de santé et le déficit du système de solidarité.

 

La notion de crise : qu’est-ce du point de vue historique ? du point de vue de la santé ?

En contradiction, la crise contemporaine réside dans l’accroissement de vie. La crise est aussi évoquée dans les pays pauvres.

La crise est signifiée par un seuil. Ce dernier varie en fonction de l’époque et des groupes concernés. La grippe de Hong Kong a causé plus de 30 000 décès en 1970 sans évolution politique. La canicule de 2003 a provoqué, elle, une crise avec un choc pour l’opinion et la démission du directeur de la DGS.

La différence porte sur l’appréciation de ce qui aurait pu être fait : le fatalisme régnait en 1970, plus en 2003. Cela n’est pas en rapport du nombre de personnes visées.

Comment s’exercent dans un pays occidental avec une gestion de la santé les actions de lutte contre les épidémies ?

La santé publique et la lutte contre les épidémies ont une double particularité au confluent  de l’adhésion au progrès (amélioration de la situation sanitaire et de la politique d’hygiène) et le développement de la citoyenneté et de l’individualisme

Les grandes maladies infectieuses ont disparu ou sont sous contrôle. Le recul de la mortalité a entraîne une augmentation de la durée de vie. La politique sociale est un système philantropique.

 

L’exposé se fait sous trois angles.

 

I-Les progrès et la perspective du futur

Nous sommes arrivés à un horizon d’éradication des épidémies. Le futur s’accompagne du progrès. En 1810, le vaccin contre la variole est le second succès après celui contre la peste. L’éradication des épidémies se fait une à une et progressivement. Elle sera renforcée au XIX et XX par le recul de la mortalité. La sérothérapie, avec les progrès du XX Siècle, sont une marche en avant continuelle. Avant 1914, la chimie était utilisée contre la syphilis ; les sulfamides contre les streptocoques et les antibiotiques font leur apparition en 1943. Les décès par infection à l’hormone de croissance commencent en 1975, la fièvre hémorragique et le VIH peu de temps après.

Extension est inévitable vers la grippe aviaire ou les épidémies concernant l’homme.

L’administration de la preuve de l’efficacité s’effectue par statistiques et comptage. Dès la fin du XIX, l’approche se fait par pays et villes.

La lutte contre les taudis est aussi une priorité.

Les enfants sont plus protégés des guerres avec plus de vie en bon état de santé. Une réévaluation des actions locales reste un grand champ d’initiative (il est impossible de connaître le coût de la santé publique)

 

II-La santé publique, enjeu de citoyenneté

Egal accès à des soins de qualité

Politique de santé

Part de la citoyenneté

Existence assurée par des secours et un accès aux soins

Les malades ont des droits et des obligations

En 1903, 9 200 assistés et 90 000 secours par les établissements de bienfaisance : moins coûteux, moins avilisant

Bureau d’hygiène : augmentation des dispensaires

Lieu de santé & assistance, lutte pour une meilleure condition de vie et de travail, problème de maintien de la population en bonne santé

Travail des enfants en 1841

Loi de 1850 sur les logements insalubres

Bonne santé, lutte contre la tuberculose, réduction du temps de travail

Consultations gratuites dans les usines

 

Population spécifique : alcool, tabac, dépistage systématique

Caisse de secours mutuel : en 1879, 600 mutuelles

Assurance sociale en 1930

Objectif : population ouvrière puis toute d’accéder à collectivité des soins par un médecin

 

III-Tensions et contradictions

3 ensembles :

*prétention des médecins à gérer la cité en fonction du savoir. Le Dr Guuillotin a instauré le comité de salubrité publique contre les politiques qui veulent contrôler le médecin au chevet du malade et qui exigent que leur expertise soit prise en conscience. Le Dr Guibert en, février 1878, met en place les bureaux municipaux d’hygiène dans l’organisation de la vie sociale

*mise en cause des libertés individuelles justifiés par la protection de la collectivité, la condition sanitaire et les vaccinations obligatoires. La Prusse fut confronté en 1831 au choléra. La politique de néo-quarantaine servait à l’inspection de navires entrants ; ainsi, il s’agissait de suivre les personnes pendant 2 à 3 semaines. Cela est donc considéré contraire à la libre circulation.

La vaccination contre la variole fut une persuasion par les élites à 70%. En Suède, elle fut obligatoire. Un mouvement de protestation est née de l’élite opposée. Il faut donc sans cesse convaincre du bien-fondé des vaccins : la première loi de santé publique fut adopté en 1902.

*responsabilité individuelle. La maladie est le comportement non conforme (bistrot et prostituée étaient les vecteurs de la tuberculose)

La pression à la fin du XIX et au début du XX fit éduquer la population en suivant les recommandations des hygiénistes (la création des dispensaires à la fin du XIX en est une illustration, les mères étaient éduquer afin d’élever leur enfant : les femmes négligentes étaient stigmatisées ; la lutte contre la tuberculose entre 1918 et 1939 envoyait les personnes au sanatorium et les enfants à plus de 300kms)

*tensions avec le marché. Les soins aux démunis sont contraires à la loi du marché. La multiplication des dispensaires est considéré comme une action de santé publique en dehors de la logique de marché. Le paiement à l’acte n’est pas forfaitaire. Les médecins sont réticents au développement des dispensaires mais les patients n’ont pas d’argent donc ne les auraient pas payé. Le prix des médicaments paraît trop élevé.

 

Sauver des vies pour l’humanité. A la fin du XVIII et au début du XIX, l’effet boomerang s’opère et la population envie son état de santé aux élites locales qu’elles n’assurent pas d’un bon environnement. La salubrité fait son apparition avec les rues et les logements.

Les progrès de la santé sont l’élargissement des soins de qualité et la solvabilisation de la demande par la sécurité sociale. La même chance de survie est donnée pour tout citoyen.
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