Ce site fait un lien entre le droit et la santé. Accessible à tout public, des informations juridiques, médicales, de droit médical et des actualités générales sont présentes. Les informations fournies sur [droit-medecine.over-blog.com] sont destinées à améliorer, non à remplacer, la relation qui existe entre le patient (ou visiteur du site) et son médecin.
Par Olivier SIGMAN
Une mère qui abrège les souffrances de sa fille
constitute-t-elle un homicide sur personne vulnérable?
Le procès de Léonie Crevel, 80 ans, accusée d'avoir mis fin aux jours de sa fille handicapée en juillet 2004 à Tancarville, près du Havre (Seine-Maritime), s'est ouvert lundi 23 octobre 2006 pour deux jours devant la cour d'assises de Seine-Maritime à Rouen. Le verdict est attendu mardi soir. Léonie Crevel, qui comparaît libre et qui est mise en examen pour "homicide volontaire sur personne vulnérable", encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
C'est une petite femme voûtée, à la démarche difficile, qui s'est présentée lundi devant les assises. Presque sourde, l'octogénaire a peiné à comprendre, mais surtout à se faire comprendre lors de son audition au cours de laquelle elle a dû, dans les détails, expliquer ses faits et gestes qui ont coûté la vie de sa fille Florence, 42 ans. "Ce jour-là, elle étouffait. Elle souffrait de trop. Alors, j'ai fait une chose que je n'aurais jamais pensé de ma vie", a-t-elle expliqué à la cour. "J'en avais marre de la voir souffrir. Jamais je n'aurais cru faire cela".
En ce 31 juillet 2004, à son domicile, elle a expliqué que "parce que j'avais les mains trop petites pour serrer, je suis allé chercher la cordelette que j'ai passée autour de son cou, que j'ai attachée à son lit médicalisé. Puis je l'ai fait basculer sur le côté de son lit".
L'un des experts appelé à témoigner expliquera lui aussi que Florence, reconnue débile mentale profonde, hémiplégique, aveugle et épileptique avait un état de santé qui se dégradait au fil des ans. "Elle était devenu entièrement dépendante, mais sa mère refusait toute aide médicale à domicile". Contrairement à celui du jeune Vincent Humbert, l'état de santé de cette jeune fille se dégradait: ce qui fait la différence entre ces deux situations.
L'octogénaire, très éprouvée par cette épreuve, avait déclaré à la sortie de l'audience en fin de matinée: "Je ressens ce qu'une mère peut ressentir envers un enfant. J'ai sauvé ma fille de sa maladie parce qu'elle était trop grave. Mais je n'ai jamais prémédité. C'était la seule solution que j'avais pour la sauver de la souffrance". Et Mme Crevel de conclure: "A l'heure actuelle, je me demande encore comment j'ai pu faire ça! Je m'en veux mais elle aurait souffert plus longtemps, alors valait mieux qu'elle s'en aille".
Les débats présidés par Patrick Picquendar doivent se poursuivre mardi et les réquisitions de Delphine Miennel, l'avocat général, sont attendues dans l'après-midi.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog