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Par Olivier SIGMAN
Euthanasie en Italie: le cas Welby examiné par la justice, le dernier mot au médecin
Un tribunal de Rome examinait mardi le recours d'un Italien atteint de dystrophie musculaire qui réclame le droit de mourir, mais en dépit d'un appui du parquet, le dernier mot sur ce cas dramatique reviendrait aux médecins qui ont un pouvoir discrétionnaire.
Piergiorgio Welby, âgé de 60 ans et maintenu en vie depuis 1997 grâce à un respirateur, a reçu un appui de poids lundi soir lorsque le parquet de Rome a donné un avis favorable à sa demande d'arrêter la machine et de recevoir un traitement contre la douleur pour apaiser ses derniers instants.
"Le parquet doit annoncer officiellement sa position devant le juge. Si ce que la presse écrit est vrai, je partage l'avis du parquet", a déclaré l'avocat Vittorio Angiolini, défenseur de M. Welby.
"Le parquet réaffirme le droit au refus d'un traitement (le respirateur) et le droit à recevoir des médicaments contre la douleur", a souligné Me Angiolini, faisant référence aux arguments du ministère public publiés par la presse italienne.
Le parquet a cependant rappelé "le droit discrétionnaire du médecin" de faire ce qu'il juge nécessaire pour sauver une vie alors que les avocats réclament dans leur recours qu'il s'abtienne d'intervenir après avoir débranché leur client.
La justice italienne n'a pas le pouvoir d'interdire à un médecin de rebrancher le respirateur. Le médecin est en effet le seul à pouvoir apprécier, en vertu du code de déontologie de la profession, s'il se trouve ou non devant un cas d'acharnement thérapeutique, qui est interdit.
Le cas de M. Welby donne lieu à un débat virulent sur l'euthanasie dans la péninsule entre partisans d'une "mort douce" et opposants, ces derniers étant soutenus par l'Eglise catholique, encore très influente en Italie.
Comme sur de nombreux autres sujets de société, le clivage dépasse la division droite-gauche, même si la majorité des opposants se trouve dans les rangs conservateurs.
"Si nous devions débrancher le respirateur de M. Welby, alors nous devrions aussi le faire pour des milliers d'autres patients qui se trouvent dans les mêmes conditions. Moi, je ne m'en sens pas le courage", a déclaré Amedeo Bianco, président da la Fédération nationale de l'ordre des médecins, dans une interview mardi au quotidien Corriere della Sera.
Le Tribunal doit se réunir à partir de 16H00 à huis clos et il peut théoriquement rendra sa décision le même jour.
"Je n'y crois pas trop, ce serait bien la première fois. Le délai légal pour le juge est de 10 jours pour rendre sa décision", a toutefois précisé Me Angiolini.
Welby avait lancé un premier appel pour réclamer le droit de mourir en septembre, dans une lettre ouverte au président de la République Giorgio Napolitano qui avait relancé le débat sur l'euthanie dans la péninsule. En France, le jeune Vincent Humbert avait lui aussi adressé une lettre au Président de la République, Jacques Chirac.
Dans sa lettre il répondait aussi à l'Eglise catholique, qui est fermement opposée à l'euthanasie et insiste sur la mort "naturelle" de l'être humain, en posant la question: "qu'y a-t-il de naturel dans un trou dans le ventre et dans la gorge?". Welby a dû subir une trachéotomie pour pouvoir respirer et il est nourri par sonde. Frappé il y a 27 ans par la maladie qui l'a progressivement fait passer du fauteuil roulant à une immobilisation totale, son état s'est fortement dégradé depuis l'été dernier et il n'arrive même plus à dormir, selon sa femme Mina.
Selon le médecin Piero Morino, responsable du département des soins palliatifs des hôpitaux de Florence (centre), si la justice autorise le débranchement du respirateur de M. Welby, "la mort interviendra dans un délai compris entre deux heures et trois jours, en fonction des conditions générales du patient".
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